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La France braindead

Il y a un an et demi environ, j’ai eu l’occasion de voir Braindead, une série américaine qui, sous une apparence complètement loufoque, est pour moi la meilleure description de la vie politique aux Etats-Unis, mais aussi de ce qui se passe ici en France.

Je vous raconte l’histoire. Une météorite étrange s’écrase quelque part sur Terre. Les Américains la récupèrent et la ramènent à Washington. C’est alors que dans le secret de son entrepôt s’en échappent des insectes de l’espace qui peuvent s’introduire dans l’oreille des gens pour prendre leur contrôle en leur bouffant la moitié du cerveau. La classe politique est leur principale cible. Ceux qui sont infectés adoptent alors un comportement tout à fait délirant.

Deux personnages m’ont particulièrement marqués. Il s’agit des chefs de groupe démocrates et républicains. Un homme pour les républicains et une femme pour les démocrates. Leurs prises de position et leurs discours sont tellement outranciers que je pensais que ce ne pouvait être que des caricatures extravagantes. Mais non. Peu après, j’ai regardé un documentaire sur les mandats de Barack Obama où les vrais apparaissent. Exactement les mêmes que dans la série, je n’en revenais pas.

Le républicain n’est pas bien difficile à décrire, c’est un autre Donald Trump. Pour la démocrate, c’est un peu plus compliqué, elle n’a pas vraiment d’équivalent, elle ressemblerait à un mélange des pires côtés de Ségolène Royal, Anne Hidalgo et Marlène Schiappa. Même s’il n’est pas exactement transposable, ce modèle délirant a contaminé la France. A droite, cela paraît assez évident avec Laurent Wauquiez qui flirte allègrement avec les idées de l’extrême droite et dénigre ses petits camarades, y compris dans son propre camp. Nicolas Sarkozy s’était déjà engagé dans cette voie, suivant les pas de Silvio Berlusconi. Mais qu’en est-il pour la gauche ?

Pour elle, qui n’a plus de leader, cela ne s’incarne pas dans une personne, mais transparaît plutôt dans les combats qu’elle a choisi de mener. Comme plus rien ne la distingue de la droite, tant au niveau économique que sécuritaire, et qu’elle a complètement renoncé à essayer de récupérer les classes populaires qu’elle a abandonnées au Front National, elle a choisi de se réfugier auprès des minorités et de se situer sur le plan moral. C’est flagrant avec le mariage pour tous.

En effet, François Hollande aurait très bien pu choisir de donner plus de droits aux couples homosexuels sous une forme de PACS amélioré, sans agiter le chiffon rouge du mot « mariage ». Cela serait certainement passé comme une lettre à la poste, en tout cas, cela n’aurait pas pris les proportions gigantesques de la manif pour tous. Mais il a choisi d’en faire un marqueur de la différence droite/gauche, d’être clivant comme le disait son prédécesseur, aussi a t-il absolument voulu que ce mot « mariage » soit inscrit dans la loi, sans se soucier des conséquences pour les personnes concernées qui se sont retrouvées obligées de se cacher à nouveau pour ne pas être la cible des quolibets ou pire, de la violence, alors qu’on les laissait relativement tranquilles depuis quelques années seulement.

J’ai personnellement eu la désagréable impression que la gauche me prenait en otage sur ce sujet. Je me disais que si cela devait dégénérer en un affrontement violent entre les deux camps, je me retrouverais évidemment du côté des partisans du mariage pour tous, tout en sachant que j’aurais facilement pu m’entendre avec le majorité du camp d’en face, à la simple condition que ce mot « mariage » et sa connotation religieuse soit retiré du projet de loi. Je trouve que mettre ses concitoyens dans une telle position est totalement irresponsable de la part d’un chef d’Etat qui est censé être garant de l’unité du pays.

Maintenant, c’est encore pire, surtout depuis la victoire de Donald Trump. Celle là, elle ne passe pas, « il a été élu avec moins de voix qu’Hilary Clinton », ne cesse t-elle de dire. C’est marrant, quand Macron fait passer l’état d’urgence de l’exception à la règle ordinaire ou qu’il use et abuse des ordonnances, il ne faut surtout pas dire que ce n’est pas très démocratique car c’est inscrit dans la loi, mais quand il s’agit de la loi électorale américaine régie par le système du winner takes it all qui peut effectivement faire qu’un candidat ayant reçu moins de voix soit élu, là, on peut s’asseoir dessus sans problème. D’ailleurs la défaite n’est pas due au programme insipide d’Hilary, mais à tous ces cons qui croient à près de 80% à au moins une théorie du complot. Il n’y a qu’à les voir se battre pour un pot de Nutella en promo, un produit malsain bourré d’huile de palme qui tue les orangs-outans, cherché au magasin avec une voiture diesel qui rend nos magnifiques centre villes irrespirables. Cette gauche là n’est pas simplement amère, mais elle est haineuse, elle rabaisse les gens modestes au rang d’animaux, premier pas vers le génocide, qu’il faudra bien perpétrer vu que notre planète ne peut pas supporter une population humaine aussi nombreuse.

Cette gauche là est effrayante, elle prononce des excommunications, comme au bon vieux temps de l’inquisition. Nous l’avons vu à l’occasion de la « libération de la parole des femmes », où toute réserve, concernant par exemple la dénonciation de faits remontant à 40 ou 50 ans et donc à faire le procès d’une époque révolue ou encore d’avertir sur le risque de voir apparaître de fausses accusations qui viendraient jeter à nouveau le doute sur sur le témoignage des femmes, vous renvoyait immédiatement dans le camp des immondes phallocrates.

Pire, les femmes qui ont publié une tribune pour dire que certaines revendications allaient trop loin, se vont vues au mieux traitées de vieilles déconnectées de la réalité d’aujourd’hui, donc plus tout à fait femmes, ni responsables, comme si elles étaient redevenues enfants (exactement le même statut que les hommes leur attribuaient naguère dans la loi), sinon de traîtresses à la cause, des cafards à éliminer au plus vite, des moins que rien. Voilà à quoi en est réduite la pensée d’aujourd’hui, à des positions manichéennes qui dressent les gens les uns contre les autres. Bienvenus dans la France braindead.

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Les pions de Poutine

Depuis 15 jours, nous avons eu droit à de nombreux reportages sur la Russie de Vladimir Poutine. Tous pointent du doigt le manque de démocratie de ce pays qui organise des élections tout en empêchant l’opposition de s’exprimer librement, ses leaders se retrouvant régulièrement menacés par la justice et emprisonnés. L’issue du scrutin ne fait donc aucun doute, Poutine sera réélu, c’est clair comme de l’eau de roche. Pour le chef du Kremlin, le seul enjeu de cette mascarade est le taux de participation qu’il veut le plus élevé possible pour qu’il apparaisse comme légitime.

C’est dans ce contexte particulier qu’a eu lieu l’empoisonnement de l’ex-espion russe à Londres. Empoisonnement immédiatement attribué à la Russie et à l’ancien du KGB qui se trouve à sa tête, et aux gouvernements occidentaux de condamner unanimement ces méthodes du passé et à Londres d’expulser des diplomates (sans toutefois s’attaquer aux capitaux russes forts utiles à la City, surtout en période de Brexit).

J’imagine très bien l’immense satisfaction de Vladimir Vladimirovitch face à cette réaction de l’occident. Du pain béni pour lui, il a ainsi pu démontrer à son peuple que l’occident faisait tout ce qu’il pouvait pour lui nuire, à lui et à la grande Russie. Quoi de mieux que d’exciter la fibre patriotique pour inciter les électeurs potentiellement abstentionnistes, qui ne sont pas dupes du système électoral, à se rendre aux urnes ? On dirait presque que cet empoisonnement si peu discret a précisément été organisé dans ce but. Et à nous, occidentaux, de tomber dans le panneau.

Peut-on croire que nos gouvernements, dont la communication est l’unique obsession, ne se soient pas rendu compte qu’il servaient plus la cause de Poutine qu’ils ne lui nuisaient ? Evidemment non, car il a la même utilité pour nous que nous pour lui. Nos dirigeants sont bien trop contents de pouvoir agiter le spectre du grand méchant dictateur de Moscou pour que nous fermions nos gueules. Il n’y a qu’à voir comment les hackers russes sont systématiquement désignés coupables à chaque piratage, sans que cela n’ait besoin d’être prouvé, comme si on ne savait pas que tous les pirates et services secrets du monde entier laissent délibérément des traces qui pointent vers la Russie pour masquer leurs forfaits. Cela sert avant tout à donner une image de puissance à la Russie, alors qu’elle ne l’est pas, ni militairement, et encore moins économiquement.

Nous ne sommes pas dupes. Nos dirigeants si prompts à condamner Poutine rêvent tous d’avoir le même pouvoir que lui en Russie, et d’être enfin débarrassé de cet empêcheur de tourner en rond qu’est le peuple. La démocrature à le russe nous guette, il n’y a qu’à voir la politique que mène Macron, élu dans une parodie d’élection contre la représentante de l’extrême droite, il prétend que son programme a été plébiscité et qu’il a toute la légitimité pour l’appliquer à la lettre, sans tenir compte de ce qu’il est censé représenter tous les Français.

Le krach de la bourse

Depuis la fin de la semaine dernière, les indices boursiers mondiaux sont en forte baisse dans le sillage de Wall Street. Cette correction ne surprend personne, tout les acteurs du monde économique savent en effet depuis longtemps que la politique des taux bas et de la création massive de monnaie, la planche à billets, ne pouvait pas durer éternellement, surtout quand l’économie réelle donne des signes de bonne santé.

Etant donné son passé professionnel, le président Macron ne pouvait ignorer le risque qu’il y avait à entrer en bourse au moment ou les indices boursiers étaient à l’évidence surévalués. Cela ne l’a pourtant pas empêché de mettre en place une politique fiscale qui incite fortement à investir en bourse plutôt que dans l’immobilier par exemple. C’est un grand classique de la finance, quand les investisseurs institutionnels, typiquement les banques, sentent que le vent est en train de tourner et que le temps se met à l’orage, ils cherchent à se débarrasser de leurs actifs foireux acquis avec des billets de monopoly pour les échanger contre du bel et bon argent (vous remarquerez que cela se passe en début d’année, et non pas en fin lorsque se calculent les bonus en fonction des bénéfices réalisés sur l’exercice en cours). Pour cela, ils ont besoin de pigeons à qui on va présenter la fabuleuse progression des bourses ces dernières années en prétendant que la hausse va se poursuivre indéfiniment. Et ces pigeons, c’est nous, les citoyens moyens. Je croyais pourtant que le gouvernement était censé nous protéger plutôt que de nous exposer sciemment au risque.

Ce nouveau krach boursier, qu’il ne faut pas nommer ainsi pour ne pas faire peur, nous fait entrer dans une zone de grand danger. Tous les recours économiques mis en place pour venir à bout de la précédente crise de 2008 sont encore en vigueur et il n’y en a plus d’autre. Il y a donc fort à parier qu’il va falloir détourner l’attention de l’opinion publique mondiale de cette nouvelle débâcle économique. Les inondations et la neige n’y suffiront à l’évidence pas. Le meilleur candidat au détournement de l’attention générale est sans doute Kim Jong Un. J’ai comme la désagréable impression que les médias sont en train de nous vendre subrepticement une guerre contre la Corée du Nord, surtout une émission comme celle de Laurent Delahousse. Quoi de mieux qu’une guerre potentiellement nucléaire pour terroriser la planète ? Mais pas pendant les Jeux Olympiques, cela nous divertira suffisamment pendant quinze jours. Mais que se passera t-il après ?

Zappe man, zappe tant que tu pourras

Hier soir sur France 2, après le match de foot, le journaliste sur la pelouse nous annonce avec entrain « Et maintenant ne ratez surtout pas Infrarouge, les horreurs des médecins nazis ». Puis bande annonce pour le téléfilm du lendemain qui vous est offert par telle et telle marque. J’ai failli me lever pour me chercher une bière et me commander une pizza, mais j’ai préféré aller me coucher.

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La théorie du complot

Cette semaine, nous avons eu droit à de nombreux commentaires à propos d’un sondage qui dit que 79% des gens croient à au moins une théorie du complot, qu’ils sont donc cons…pirationnistes. Et les commentateurs de tout mettre dans le même sac, la terre est en réalité plate, l’homme n’a jamais mis le pied sur la lune, le sida a été créé en laboratoire, et d’autres délires dans le genre, mais j’ai aussi entendu dire que les abrutis que nous sommes croient qu’il y a une entente entre le gouvernement et les laboratoires pharmaceutiques pour vendre des vaccins. Sous entendu que ça n’a bien évidemment jamais été le cas, les pouvoirs publics ne se souciant que de la santé de nos concitoyens, tout comme les subventions du diesel étaient destinées à permettre aux gens de changer de voiture à moindre frais et non à soutenir les ventes de PSA et Renault.

Il me semblait pourtant que des journalistes dont le sérieux du travail ne peut remis en cause avaient démontré il y a quelques années que des textes de loi écrits par des lobbyistes de l’industrie pharmaceutique avaient été adoptés tels quels par nos députés. Ce genre de pratiques pourrait cependant bien être à l’origine de la perte de confiance de nos concitoyens envers les autorités sanitaires.

Revenons un instant sur cette histoire de vaccins. Pour moi, elle commence avec le vaccin contre l’hépatite B et la décision de vacciner toute la population alors qu’une partie des professionnels de santé préconisaient plutôt de cibler les populations à risque, comme les drogués par injection ou les homosexuels qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif qui sont particulièrement soumis au risque de contamination, ainsi qu’à ceux qui peuvent éventuellement entrer en contact avec le sang de personnes contaminées, comme les personnels de santé, les pompiers ou encore les policiers. Cela a introduit le doute quant à la pertinence de notre politique vaccinale. Ce doute a ensuite été renforcé par celle menée avec le vaccin contre le papillomavirus destiné à lutter contre le cancer de l’utérus. Non seulement le nombre de cas de cancer de l’utérus n’est pas très élevé, un peu plus de 3 000 cas par an en France contre près de 50 000 cancers du sein, mais en plus le vaccin n’est efficace qu’à 70%. Bon, ce ne sont pas des résultats terribles, mais on peut toujours dire que la vaccination des filles entre 12 et 14 ans reste une politique somme toute raisonnable. Mais ne voilà t-il pas que des génies se sont mis à dire qu’il fait aussi vacciner les garçons pour éviter que les filles soient contaminées. Dans la tête du citoyen lambda cela donne l’équation : faible prévalence + efficacité relative + vaccination d’une population qui n’est à l’évidence pas concernée = foutage de gueule. Peut-on vraiment lui donner entièrement tort ? On ajoute à cela le fiasco de l’achat délirant de vaccin contre la grippe H1N1, la France est le pays qui en a acheté le plus, et on obtient la situation actuelle de remise en cause de tous les vaccins, qui est évidemment stupide. A qui la faute ? Aux gens qui ont l’impression d’être pris pour des cons ou aux laboratoires qui ont poussé le bouchon un peu trop loin ?

Passons maintenant au succès des théories du complot. N’y a t-il vraiment rien qui vienne les accréditer dans l’histoire récente ou plus ancienne ? Personne ne se souvient-il d’un certain Colin Powell agitant une fiole de poudre blanche à l’ONU pour accréditer la thèse des armes de destruction massive possédées par l’Irak et justifier son invasion ? Thèse à l’époque confirmée par le MI6, l’espionnage militaire anglais, qui jurait ses grands dieux que Saddam Hussein en possédait alors qu’on n’en a jamais trouvé trace après la guerre. Ou encore de cette jeune femme qui, toujours à l’ONU, nous racontait avec des trémolos dans la voix et des larmes plein les yeux qu’elle avait été témoin de ce que les soldats irakiens, toujours eux, avaient sortis des bébés de leur couveuse pour les laisser crever au Koweït en 1991, alors qu’il s’est avéré qu’elle était la fille d’un responsable politique koweïtien et qu’elle n’y avait jamais foutu les pieds. Autant l’histoire des vaccins ne relève t-elle que de la simple collusion entre deux partis qui en attendent des bénéfices, autant ici avons nous affaire à une chose qui commence à ressembler à s’y méprendre à un complot qui a fini par plonger le Moyen-Orient dans le chaos le plus total et détourné l’attention du public occidental de ses problèmes internes au profit d’une menace extérieure qui paraît avec le recul avoir été construite de toutes pièces.

Pour finir, remontons encore un peu plus loin dans le temps pour arriver à l’origine de la prolifération de toutes ces élucubrations conspirationnistes. Cela commence avec Fortitude, l’opération d’intoxication des services de renseignement allemands pour leur dissimuler les plans du débarquement de Normandie. Non seulement les alliés ont-ils choisi de diffuser de fausses informations auprès de l’ennemi, mais aussi à la population britannique par l’intermédiaire des journaux qui annonçaient par exemple qu’une rencontre sportive avait eu lieu à tel endroit alors que lesdites unités étaient en réalité ailleurs ou qu’elles étaient tout bonnement fictives. Le problème est que cette pratique, tolérable en temps de guerre, s’est prolongée après, avec la guerre froide pour justification.

En effet, des américains de l’OSS, ancêtre de la CIA, ont été les témoins de Fortitude et ils se sont vite retrouvés en situation d’appliquer les mêmes méthodes chez eux, à l’occasion du crash de Roswell. Un paysan retrouve des débris d’un engin volant dans son champ, la base militaire voisine est avertie, son commandant déclare dans un premier temps qu’il s’agit d’une soucoupe volante qui devient le lendemain un ballon sonde. Le cas est simple ; l’armée a perdu un prototype expérimental dont elle ne veut pas révéler la nature pour que les russes ne sachent pas sur quoi elle travaille. Mais elle ment à l’évidence, aussi la CIA décide t-elle qu’il convient de nier l’origine extra terrestre de l’aéronef pour éviter d’avoir à présenter des preuves qu’ils n’ont pas, mais qu’il est en parallèle judicieux d’alimenter cette rumeur pour orienter les curieux sur une fausse piste. Et ça marche.

Je connais encore une autre histoire du même acabit pour laquelle la CIA a fait appel à Howard Hughes. Pendant la guerre froide, un sous-marin soviétique lanceur d’engins atomiques a coulé au beau milieu du Pacifique. Les américains ont alors forgé le projet de le récupérer au fond de l’océan dans l’espoir de trouver les appareils de communication utilisés par les russes et de casser leur code, tout comme la prise d’une machine Enigma avait permis aux anglais de casser celui des allemands. Mais voilà, ils ne pouvaient pas le dire. Ils ont donc fait appel à Howard Hughes pour couvrir l’opération. L’excentrique milliardaire s’est donc mis à construire un bateau tout a fait spécial, destiné selon ses dires à récolter les nodules métalliques sur le plancher océanique alors qu’il était en réalité équipé d’énormes pinces destinées à saisir le submersible rouge. Je me souviens particulièrement bien de cette anecdote parce que la récolte des nodules métalliques m’a été enseignée au collège, avec la photo du navire du brave Howard à l’appui, ça m’avait fait un choc.

Et ça me rappelle encore une autre histoire de sous-marin. Celle des DSRV, des sous-marins de poche qu’on nous a présenté comme des véhicules de secours pour les équipages de gros sous-marin qui couleraient, alors qu’ils sont principalement destinés à poser des dispositifs d’écoute sur les câbles sous-marins ou à faire débarquer des commandos en toute discrétion.

Tous ces mensonges ne sont-ils pas à même de pousser les gens vers les théories du complot ? Prenons maintenant l’affaire Clearstream. Au départ, c’est une enquête de Denis Robert, dont la justice a déclaré qu’elle avait été menée avec toute la rigueur journalistique voulue, qui pointait l’utilisation des outils mis à disposition par cette entreprise à des fins malhonnêtes, avec sa complicité. Un listing de personnes susceptibles d’avoir eu recours à ces pratiques venait à l’appui de ces affirmations fort embarrassantes pour le milieu de la finance. Et ne voilà t-il pas que bientôt sort un nouveau listing, faux celui là, qui fait apparaître les noms de Nagy et Bocsa, qui dissimulent on ne peut plus mal le soi disant vrai bénéficiaire de ces comptes, Nicolas Sarkozy. A partir de ce moment là, affaire Clearstream est devenu synonyme de règlement de compte entre Villepin et Sarkozy dans la bouche de toute la classe journalistique. Ont-ils jeté le discrédit sur le travail exemplaire de Denis Robert en toute conscience ? Je ne sais pas, peut être pas, mais toujours est-il qu’il ont l’air d’avoir participé à une sorte de complot pour nous enfumer, alors qu’il me semble qu’il aurait été plus judicieux de s’attacher au fond de l’affaire, les dérives de la finance, ce qui leur aurait peut être permis de nous avertir sur la dangerosité des produits subprime avant que ça nous pète à la gueule. Et ce sont les mêmes qui nous disent que nous sommes complètement cons à croire à certaines des théories du complot.

Conclusion : Entre les fumeuses théories conspirationnistes et les douteuses vérités officielles, démerdez vous. On ne peut plus croire personne, voilà bien le drame de notre époque.

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Nagui la science

Ce midi, j’ai entendu Nagui dire dans Tout le monde veut prendre sa place que l’être humain n’était pas fait pour manger de la viande, qu’il a lu dans un bouquin de je ne sais plus qui, que ni la mâchoire humaine, ni ses intestins ne sont faits pour la digérer correctement. C’est absolument vrai. La dentition humaine n’est pas caractéristique des carnivores, notre mâchoire n’est pas très puissante et nos intestins sont trop longs, ce qui faits que la viande y séjourne trop longtemps par rapports aux animaux qui eux sont strictement faits pour ce régime.

C’est vrai, vrai et encore vrai. Pour la viande crue. Je répète, pour la viande CRUE. Cependant, une invention toute récente nous permet de beaucoup mieux assimiler la viande, elle s’appelle le feu. En effet, la cuisson de la barbaque nous permet à la fois à nos mâchoires de la réduire en bouillie et à nos intestins de la digérer avec efficacité. Soit dit en passant, nous ne sommes de même absolument pas faits pour manger des céréales comme le blé, le riz, le maïs, etc, qui elles aussi doivent subir ce même traitement thermique pour que nous puissions les assimiler.

Ce raisonnement est donc tout simplement idiot car tronqué, il relève plus du sophisme que de la pensée dûment organisée. Il a de plus une dimension créationniste, le corps humain n’a pas les caractéristiques du carnivore, la viande est donc nocive pour lui, alors que c’est beaucoup plus subtil que ça, primo, tous les animaux n’ont pas un régime strictement carnivore ou végétarien, prenons les ours par exemple que nous voyons comme un carnivore par excellence alors qu’un grizzly se nourrit presque exclusivement de fruits pendant une grande partie de l’année, ou plus proche de nous, un chimpanzé, qui a quant à lui un régime très végétarien, mais qui ne crache pas sur de la viande quand il en a l’occasion, voire tue parfois avec sauvagerie pour s’en procurer.

Et secundo, cela donne des espèces animales une vision très étriquée qui renie toute notion d’évolution et les enferme dans un seul mode d’alimentation sans possibilité d’en changer, alors qu’on a constaté que certaines d’entre elles étaient passés d’une nourriture très majoritairement carnée, à une alimentation majoritairement d’origine végétale. Je pense ici au cas des renards anglais, qui sont essentiellement carnivores à la campagne, mais devenus essentiellement végétariens pour ceux qui ont été contraints de s’installer dans les rue de Londres dont ils font les poubelles. Et je ne parle même pas des sangliers, les cochons sauvages dont on nous dit qu’ils sont si proches de nous, qui eux ont un régime omnivore, comme nous, et ne sont donc ni strictement faits pour être végétariens, ni strictement carnivores. Le passage d’un mode d’alimentation à l’autre est donc possible, tout autant qu’un panachage des deux.

Conclusion : il en est de même pour l’alimentation et l’information, toutes deux doivent être mâchées et digérées pour qu’elles soient assimilables par l’être humain. Certains n’ont ni les mâchoires intellectuelles, ni les intestins cérébraux pour décomposer efficacement les aliments informationnels qu ‘ils ingèrent. Mais je ne désespère pas, ils peuvent s’adapter s’ils y sont contraints, c’est certain, même Nagui.

L’ami du président

Pour faire taire la polémique suite à sa sortie sur le président Kaboré parti pour réparer la climatisation, Emmanuel Macron a déclaré qu’il s’agissait d’un trait d’humour qu’il s’était permis en raison du lien d’amitié qu’il entretient avec le chef de l’état burkinabé, ce qu’il n’aurait jamais fait avec Angela Merkel avec qui il n’est pas assez intime, au contraire de Jean-Claude Juncker avec qui il n’aurait pas hésité à se livrer au même genre de familiarité.

JEAN-CLAUDE JUNCKER. L’ancien premier ministre du Luxembourg, actuel président de la Commission européenne, impliqué dans le scandale des LuxLeaks qui permettait à des centaines d’entreprise d’échapper au régime fiscal de leurs pays d’origine en domiciliant leurs bénéfices au Grand Duché en échange d’une très modeste contribution. Et pas un journaliste pour relever l’information. Dommage, pour une fois qu’il révélait le fond de son orientation politique.