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Archive for the ‘Politique’ Category

La France braindead

Il y a un an et demi environ, j’ai eu l’occasion de voir Braindead, une série américaine qui, sous une apparence complètement loufoque, est pour moi la meilleure description de la vie politique aux Etats-Unis, mais aussi de ce qui se passe ici en France.

Je vous raconte l’histoire. Une météorite étrange s’écrase quelque part sur Terre. Les Américains la récupèrent et la ramènent à Washington. C’est alors que dans le secret de son entrepôt s’en échappent des insectes de l’espace qui peuvent s’introduire dans l’oreille des gens pour prendre leur contrôle en leur bouffant la moitié du cerveau. La classe politique est leur principale cible. Ceux qui sont infectés adoptent alors un comportement tout à fait délirant.

Deux personnages m’ont particulièrement marqués. Il s’agit des chefs de groupe démocrates et républicains. Un homme pour les républicains et une femme pour les démocrates. Leurs prises de position et leurs discours sont tellement outranciers que je pensais que ce ne pouvait être que des caricatures extravagantes. Mais non. Peu après, j’ai regardé un documentaire sur les mandats de Barack Obama où les vrais apparaissent. Exactement les mêmes que dans la série, je n’en revenais pas.

Le républicain n’est pas bien difficile à décrire, c’est un autre Donald Trump. Pour la démocrate, c’est un peu plus compliqué, elle n’a pas vraiment d’équivalent, elle ressemblerait à un mélange des pires côtés de Ségolène Royal, Anne Hidalgo et Marlène Schiappa. Même s’il n’est pas exactement transposable, ce modèle délirant a contaminé la France. A droite, cela paraît assez évident avec Laurent Wauquiez qui flirte allègrement avec les idées de l’extrême droite et dénigre ses petits camarades, y compris dans son propre camp. Nicolas Sarkozy s’était déjà engagé dans cette voie, suivant les pas de Silvio Berlusconi. Mais qu’en est-il pour la gauche ?

Pour elle, qui n’a plus de leader, cela ne s’incarne pas dans une personne, mais transparaît plutôt dans les combats qu’elle a choisi de mener. Comme plus rien ne la distingue de la droite, tant au niveau économique que sécuritaire, et qu’elle a complètement renoncé à essayer de récupérer les classes populaires qu’elle a abandonnées au Front National, elle a choisi de se réfugier auprès des minorités et de se situer sur le plan moral. C’est flagrant avec le mariage pour tous.

En effet, François Hollande aurait très bien pu choisir de donner plus de droits aux couples homosexuels sous une forme de PACS amélioré, sans agiter le chiffon rouge du mot « mariage ». Cela serait certainement passé comme une lettre à la poste, en tout cas, cela n’aurait pas pris les proportions gigantesques de la manif pour tous. Mais il a choisi d’en faire un marqueur de la différence droite/gauche, d’être clivant comme le disait son prédécesseur, aussi a t-il absolument voulu que ce mot « mariage » soit inscrit dans la loi, sans se soucier des conséquences pour les personnes concernées qui se sont retrouvées obligées de se cacher à nouveau pour ne pas être la cible des quolibets ou pire, de la violence, alors qu’on les laissait relativement tranquilles depuis quelques années seulement.

J’ai personnellement eu la désagréable impression que la gauche me prenait en otage sur ce sujet. Je me disais que si cela devait dégénérer en un affrontement violent entre les deux camps, je me retrouverais évidemment du côté des partisans du mariage pour tous, tout en sachant que j’aurais facilement pu m’entendre avec le majorité du camp d’en face, à la simple condition que ce mot « mariage » et sa connotation religieuse soit retiré du projet de loi. Je trouve que mettre ses concitoyens dans une telle position est totalement irresponsable de la part d’un chef d’Etat qui est censé être garant de l’unité du pays.

Maintenant, c’est encore pire, surtout depuis la victoire de Donald Trump. Celle là, elle ne passe pas, « il a été élu avec moins de voix qu’Hilary Clinton », ne cesse t-elle de dire. C’est marrant, quand Macron fait passer l’état d’urgence de l’exception à la règle ordinaire ou qu’il use et abuse des ordonnances, il ne faut surtout pas dire que ce n’est pas très démocratique car c’est inscrit dans la loi, mais quand il s’agit de la loi électorale américaine régie par le système du winner takes it all qui peut effectivement faire qu’un candidat ayant reçu moins de voix soit élu, là, on peut s’asseoir dessus sans problème. D’ailleurs la défaite n’est pas due au programme insipide d’Hilary, mais à tous ces cons qui croient à près de 80% à au moins une théorie du complot. Il n’y a qu’à les voir se battre pour un pot de Nutella en promo, un produit malsain bourré d’huile de palme qui tue les orangs-outans, cherché au magasin avec une voiture diesel qui rend nos magnifiques centre villes irrespirables. Cette gauche là n’est pas simplement amère, mais elle est haineuse, elle rabaisse les gens modestes au rang d’animaux, premier pas vers le génocide, qu’il faudra bien perpétrer vu que notre planète ne peut pas supporter une population humaine aussi nombreuse.

Cette gauche là est effrayante, elle prononce des excommunications, comme au bon vieux temps de l’inquisition. Nous l’avons vu à l’occasion de la « libération de la parole des femmes », où toute réserve, concernant par exemple la dénonciation de faits remontant à 40 ou 50 ans et donc à faire le procès d’une époque révolue ou encore d’avertir sur le risque de voir apparaître de fausses accusations qui viendraient jeter à nouveau le doute sur sur le témoignage des femmes, vous renvoyait immédiatement dans le camp des immondes phallocrates.

Pire, les femmes qui ont publié une tribune pour dire que certaines revendications allaient trop loin, se vont vues au mieux traitées de vieilles déconnectées de la réalité d’aujourd’hui, donc plus tout à fait femmes, ni responsables, comme si elles étaient redevenues enfants (exactement le même statut que les hommes leur attribuaient naguère dans la loi), sinon de traîtresses à la cause, des cafards à éliminer au plus vite, des moins que rien. Voilà à quoi en est réduite la pensée d’aujourd’hui, à des positions manichéennes qui dressent les gens les uns contre les autres. Bienvenus dans la France braindead.

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Les pions de Poutine

Depuis 15 jours, nous avons eu droit à de nombreux reportages sur la Russie de Vladimir Poutine. Tous pointent du doigt le manque de démocratie de ce pays qui organise des élections tout en empêchant l’opposition de s’exprimer librement, ses leaders se retrouvant régulièrement menacés par la justice et emprisonnés. L’issue du scrutin ne fait donc aucun doute, Poutine sera réélu, c’est clair comme de l’eau de roche. Pour le chef du Kremlin, le seul enjeu de cette mascarade est le taux de participation qu’il veut le plus élevé possible pour qu’il apparaisse comme légitime.

C’est dans ce contexte particulier qu’a eu lieu l’empoisonnement de l’ex-espion russe à Londres. Empoisonnement immédiatement attribué à la Russie et à l’ancien du KGB qui se trouve à sa tête, et aux gouvernements occidentaux de condamner unanimement ces méthodes du passé et à Londres d’expulser des diplomates (sans toutefois s’attaquer aux capitaux russes forts utiles à la City, surtout en période de Brexit).

J’imagine très bien l’immense satisfaction de Vladimir Vladimirovitch face à cette réaction de l’occident. Du pain béni pour lui, il a ainsi pu démontrer à son peuple que l’occident faisait tout ce qu’il pouvait pour lui nuire, à lui et à la grande Russie. Quoi de mieux que d’exciter la fibre patriotique pour inciter les électeurs potentiellement abstentionnistes, qui ne sont pas dupes du système électoral, à se rendre aux urnes ? On dirait presque que cet empoisonnement si peu discret a précisément été organisé dans ce but. Et à nous, occidentaux, de tomber dans le panneau.

Peut-on croire que nos gouvernements, dont la communication est l’unique obsession, ne se soient pas rendu compte qu’il servaient plus la cause de Poutine qu’ils ne lui nuisaient ? Evidemment non, car il a la même utilité pour nous que nous pour lui. Nos dirigeants sont bien trop contents de pouvoir agiter le spectre du grand méchant dictateur de Moscou pour que nous fermions nos gueules. Il n’y a qu’à voir comment les hackers russes sont systématiquement désignés coupables à chaque piratage, sans que cela n’ait besoin d’être prouvé, comme si on ne savait pas que tous les pirates et services secrets du monde entier laissent délibérément des traces qui pointent vers la Russie pour masquer leurs forfaits. Cela sert avant tout à donner une image de puissance à la Russie, alors qu’elle ne l’est pas, ni militairement, et encore moins économiquement.

Nous ne sommes pas dupes. Nos dirigeants si prompts à condamner Poutine rêvent tous d’avoir le même pouvoir que lui en Russie, et d’être enfin débarrassé de cet empêcheur de tourner en rond qu’est le peuple. La démocrature à le russe nous guette, il n’y a qu’à voir la politique que mène Macron, élu dans une parodie d’élection contre la représentante de l’extrême droite, il prétend que son programme a été plébiscité et qu’il a toute la légitimité pour l’appliquer à la lettre, sans tenir compte de ce qu’il est censé représenter tous les Français.

Le krach de la bourse

Depuis la fin de la semaine dernière, les indices boursiers mondiaux sont en forte baisse dans le sillage de Wall Street. Cette correction ne surprend personne, tout les acteurs du monde économique savent en effet depuis longtemps que la politique des taux bas et de la création massive de monnaie, la planche à billets, ne pouvait pas durer éternellement, surtout quand l’économie réelle donne des signes de bonne santé.

Etant donné son passé professionnel, le président Macron ne pouvait ignorer le risque qu’il y avait à entrer en bourse au moment ou les indices boursiers étaient à l’évidence surévalués. Cela ne l’a pourtant pas empêché de mettre en place une politique fiscale qui incite fortement à investir en bourse plutôt que dans l’immobilier par exemple. C’est un grand classique de la finance, quand les investisseurs institutionnels, typiquement les banques, sentent que le vent est en train de tourner et que le temps se met à l’orage, ils cherchent à se débarrasser de leurs actifs foireux acquis avec des billets de monopoly pour les échanger contre du bel et bon argent (vous remarquerez que cela se passe en début d’année, et non pas en fin lorsque se calculent les bonus en fonction des bénéfices réalisés sur l’exercice en cours). Pour cela, ils ont besoin de pigeons à qui on va présenter la fabuleuse progression des bourses ces dernières années en prétendant que la hausse va se poursuivre indéfiniment. Et ces pigeons, c’est nous, les citoyens moyens. Je croyais pourtant que le gouvernement était censé nous protéger plutôt que de nous exposer sciemment au risque.

Ce nouveau krach boursier, qu’il ne faut pas nommer ainsi pour ne pas faire peur, nous fait entrer dans une zone de grand danger. Tous les recours économiques mis en place pour venir à bout de la précédente crise de 2008 sont encore en vigueur et il n’y en a plus d’autre. Il y a donc fort à parier qu’il va falloir détourner l’attention de l’opinion publique mondiale de cette nouvelle débâcle économique. Les inondations et la neige n’y suffiront à l’évidence pas. Le meilleur candidat au détournement de l’attention générale est sans doute Kim Jong Un. J’ai comme la désagréable impression que les médias sont en train de nous vendre subrepticement une guerre contre la Corée du Nord, surtout une émission comme celle de Laurent Delahousse. Quoi de mieux qu’une guerre potentiellement nucléaire pour terroriser la planète ? Mais pas pendant les Jeux Olympiques, cela nous divertira suffisamment pendant quinze jours. Mais que se passera t-il après ?

L’ami du président

Pour faire taire la polémique suite à sa sortie sur le président Kaboré parti pour réparer la climatisation, Emmanuel Macron a déclaré qu’il s’agissait d’un trait d’humour qu’il s’était permis en raison du lien d’amitié qu’il entretient avec le chef de l’état burkinabé, ce qu’il n’aurait jamais fait avec Angela Merkel avec qui il n’est pas assez intime, au contraire de Jean-Claude Juncker avec qui il n’aurait pas hésité à se livrer au même genre de familiarité.

JEAN-CLAUDE JUNCKER. L’ancien premier ministre du Luxembourg, actuel président de la Commission européenne, impliqué dans le scandale des LuxLeaks qui permettait à des centaines d’entreprise d’échapper au régime fiscal de leurs pays d’origine en domiciliant leurs bénéfices au Grand Duché en échange d’une très modeste contribution. Et pas un journaliste pour relever l’information. Dommage, pour une fois qu’il révélait le fond de son orientation politique.

Catalogne: l’indépendance, et après?

Le principal argument employé contre l’indépendance de la Catalogne est celui de la sortie de l’Union Européenne, renforcé par la menace d’avoir à passer derrière le Kosovo avant de pouvoir envisager son éventuelle réintégration. Quelle stratégie les indépendantistes pourraient-ils adopter pour éviter ce fatal isolement ?

Si j’étais l’un d’entre eux, voilà ce que je ferais. Je m’adresserais aux autres régions qui réclament de s’émanciper du pouvoir central, en priorité l’Ecosse qui elle désire se retirer du Royaume-Uni, précisément parce qu’elle souhaite rester au sein de l’Union Européenne en dépit du Brexit, mais à qui on dit la même chose : réintégration, après le Kosovo, peut être. Si j’étais Catalan, je proposerais donc aux Ecossais une alliance commerciale immédiate au cas où ils décideraient à leur tour de franchir le pas. Une petite Union, en « attendant » de retourner à la grande. Puis, je me tournerais vers l’Angleterre avec qui j’entamerais des discussions en vue d’un traité de libre échange. Nos amis Anglais ne devraient pas hésiter longtemps à accepter ces discussions, comme tout ce qui pourrait perturber l’Union Européenne leur permettrait de négocier à la baisse les conditions de leur sortie.

Ensuite, je dirais aux autres régions tentées par la prise d’autonomie, en priorité la Flandre belge (partie des anciens Pays-Bas espagnols) et le nord de l’Italie qu’ils seraient accueillis à bras ouvert dans cette nouvelle structure qui commencerait alors à peser un peu du point de vue économique. Etape suivante, les Pays-Bas, qui eux n’ont pas l’air de vouloir se séparer, mais qui par contre sont enclins à se tourner vers le nationalisme. Je leur dirais, nous aussi nous le sommes, pas comme l’Europe, venez donc nous rejoindre. Si cela devait marcher, d’autres régions devraient commencer à s’interroger, vaut-il mieux continuer avec la vieille Union, ou intégrer la nouvelle ? Je viserais principalement celles situées sur ce qu’on a appelé l’axe Londres-Milan, la plus importante route commerciale d’Europe. Je dirais par exemple aux Alsaciens, dont je suis, voyez la France, elle ne respecte pas votre histoire particulière, elle vous a noyé dans la région Grand-Est, soyez assurés que cela se passera différemment avec nous, que votre identité sera respectée. Il n’est pas impossible que les länder allemands concernés se montrent intéressés, refroidis qu’ils ont été par l’impression qu’ils ont eu de devoir payer pour le manque de rigueur des pays du sud suite à la crise économique de 2008.

Si cela devait aboutir, l’Union Européenne serait coupée en deux, « en attendant », la France et l’Allemagne séparées par un corridor, comme les Américains envisageaient de le faire à la fin de la seconde guerre mondiale pour éviter tout nouveau conflit entre ces deux pays. En parlant d’eux, les Etats-Uniens verraient certainement cette initiative d’un bon œil, la presse américaine étant une de celle qui a le plus chaudement soutenu les démarches d’indépendance catalanes. Je tenterais donc un rapprochement avec la Californie, première puissance économique régionale mondiale, très violemment opposée à Donald Trump, ainsi qu’aux états de la côte est, New York en tête. Comme les Chinois accueillent aussi très favorablement tout ce qui peut affaiblir l’Union Européenne, j’essaierais également de trouver un accord d’exportation avantageux avec Shangaï, premier port du monde.

Pour résumer, ma stratégie est simple : redonner aux régions ou aux villes, aux cités, qui ont l’impression d’avoir été mis à l’écart par le pouvoir central de leur pays l’importance qu’elles ont pu avoir par le passé, comme c’est par exemple le cas pour Barcelone, Venise, Milan, Turin, Anvers, Bruges, Strasbourg, Cologne, Hambourg, Edimbourg ou encore Marseille, et bien d’autres encore. Toute l’astuce se trouve là, rappeler à ces cités leur glorieux passé. Au Moyen Age,par exemple, avec la ligue hanséatique pour celles du nord, les banquiers Lombards, et la République de Venise pour le sud.

Voilà ce que je ferais, mais bon, je ne suis ni Catalan, ni indépendantiste. Pour moi, exposer ce scénario devrait suffire à faire réfléchir l’Union Européenne qui se croit pour le moment aussi incontournable qu’indépassable, dans le but qu’elle fasse évoluer ses institutions vers plus de démocratie et de considération envers toutes ses composantes, fussent-elles régionales. Elle pourrait sinon disparaître au profit d’une autre organisation, avec tous les risques de conflit que cela comporte.

Et la tendresse ? Bordel!

Il me paraît un peu court de traiter uniquement par le biais du vocabulaire employé l’épisode du « bordel » évoqué par le Guide Suprême de la Nation. En effet, pour une fois que le Grand Leader révèle le modèle de société qu’il veut instaurer, ce qu’il ne fait jamais, on ne retient qu’un mot, c’est con. Place au décryptage, comme on dit sur les chaînes de pub, euh pardon, d’info en continu.

Reprenons le déroulement des faits. Nous avons d’un côté un groupe de salariés qui a tissé des liens parce qu’ils travaillent ensemble depuis des années qui décide de manifester son mécontentement car il estime injuste le traitement qui lui est réservé et qui se retrouve avec les CRS comme seuls interlocuteurs, et de l’autre, son Altitude, le président de la république qui s’emporte contre eux et qualifie de bordel leur action. Il justifie son emportement par le fait qu’à quelques kilomètres une entreprise serait pourtant prête à embaucher une partie d’entre eux, « certains ont les qualifications pour le faire » ajoute t-il.

Le Génie Universel à la tête de l’état ne comprend donc pas pourquoi des gens préfèrent se montrer solidaires les uns des autres pour protéger au mieux les plus vulnérables d’entre eux au lieu de jouer leur carte individuelle, et au besoin de marcher sur la tronche des personnes avec qui ils ont cassé la croûte tous les jours pendant des années pour obtenir le meilleur poste possible. Il me semblait pourtant qu’une certaine équipe de France de football avait pour devise « on vit ensemble, on meurt ensemble » en 1998, ce qui les a d’ailleurs menés à la victoire.

Voilà donc le modèle de société voulu par le Grand Réformateur. Un individu seul qui doit se plier au système et se dédier tout entier à la Très Sainte Economie sans qu’il ne puisse jamais établir de relations durables avec ses frères humains, comme dirait le poète. C’est bien cet avenir cauchemardesque qu’il veut pour nous, le programme est clair, dans le futur, les gens devront changer d’emploi plusieurs fois dans leur vie et dans l’idéal, déménager autant, de manière à ce qu’ils n’aient jamais le temps se connaître vraiment les uns les autres et de les éloigner de leurs familles, pour que leur solitude soit la plus complète possible. Ce modèle est la négation même de ce qui a fait le succès de l’Humanité, la solidarité qui naît de la reconnaissance de soi en l’autre grâce aux neurones miroir qui nous permettent de ressentir les émotions des gens qu’on fréquente.

Eh ben Manu, ce modèle de société, on n’en veut pas, tu peux te le carrer bien profond dans le cul. Si tu savais écouter les jeunes, tu saurais qu’ils ont avant tout envie de vivre ensemble, de sucer la substantifique moelle de la vie qui réside avant tout dans les relations humaines qu’on établit avec ceux pour qui on éprouve de la tendresse. Ni l’argent, ni le pouvoir, tes tristes passions, ne permettent d’atteindre ce but. Personne n’est jaloux de ta vie de minable qui passe à côté de l’essentiel.

Catégories :Politique, Société

Un gouvernement d’experts

On nous annonce aujourd’hui que, pour faire face aux problèmes que rencontre la France, le premier ministre s’est entouré d’un gouvernement d’expert. Mais qu’est-ce qu’un expert ? C’est une personne qui maîtrise parfaitement son sujet, qui connaît sur le bout des doigts toutes les méthodes pour venir à bout des problèmes qui le concerne.

Très bien, cela paraît séduisant à priori, mais en même temps, c’est aussi un idiot qui s’ignore. Je m’explique. Si l’expert est en effet imbattable pour résoudre les problèmes qu’il connaît, c’est à dire ceux qu’il a déjà rencontré, ceux du passé, pour lesquels il peut mettre en œuvre une méthode aussi éprouvée qu’infaillible, il est en revanche fort dépourvu lorsqu’il est confronté à un problème nouveau, prisonnier qu’il est desdites méthodes miracle. Cela a été scientifiquement prouvé, un sujet dit naïf, inexpérimenté, trouve plus rapidement la solution à un problème inédit pour l’expert que ce dernier.

Dans un monde où le changement s’opère à vitesse grand V, il eût donc certainement été plus judicieux de nommer un gouvernement d’amateurs, au sens étymologique du terme, qui aime son sujet, sans toutefois en connaître toutes les ficelles. C’est sans doute pourquoi les Grecs dans leur grande sagesse préféraient que les responsables politiques soient tirés au sort sans qu’ils aient besoin d’avoir démontré de compétences particulières lorsqu’ils ont inventé ce beau système de gouvernement qu’est la démocratie.