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L’arrivée du Messie

En cette période où l’engouement médiatique autour de l’élection du nouveau Pape est tel qu’il tend à nous faire croire que l’église chrétienne est une institution qui n’a pas bougé depuis 2 000 ans, sans tenir compte du fait que sa séparation formelle avec le judaïsme ne date que du quatrième siècle, ni de celui qu’elle s’est avant tout développée dans la partie orientale de l’empire romain et non pas à Rome qui est d’ailleurs resté un patriarcat sans plus de pouvoir que ceux d’Antioche, Jérusalem, Alexandrie et Constantinople jusqu’à sa séparation définitive avec ces derniers par le schisme de 1054 (ce sont donc plutôt eux qui représentent les plus vieilles institutions en activité. Les « experts » qui ont tenu l’antenne pendant des plombes auraient bien eu le temps de l’expliquer, à moins qu’ils n’aient eu peur que cela perturbe le spectateur de base, trop bête pour comprendre ces subtilités, ou que cela ternisse le caractère « historique » de l’événement), il ne me semble pas inutile de revenir sur le contexte qui a favorisé l’émergence de cette nouvelle religion. Au moins trois facteurs ont contribué à son apparition : la domination grecque après les conquêtes d’Alexandre le Grand, l’avènement de l’Empire romain et les dissensions entre les différents courants du judaïsme qui ont conduit à la guerre civile.

La période grecque

Lorsqu’en 332 av-JC, Alexandre le Grand s’en empare, la Judée est une province de l’empire perse achéménide depuis deux siècles. Elle a été fondée par les exilés juifs de retour de Babylone qui la dirigent, avec à sa tête un Grand Prêtre, ancêtre du Pape chrétien, à la différence que la transmission de la fonction est héréditaire, et un gouverneur, chargé du maintien de l’ordre et de la collecte du tribut, souvent juif lui aussi, bien que nommé par l’administration perse. C’est à cette période que le monothéisme a pris son essor dans la région, sans doute sous l’influence de la rencontre des anciens exilés avec les zoroastriens de Babylone (que les musulmans reconnaîtront comme étant des gens du Livre lors de leur conquête, 900 ans plus tard), associé à la mise en forme définitive du Tanakh (acronyme de Torah, Nevi’im et Ketouvim) qui se transmettaient auparavant essentiellement par l’oral (voir L’exil à Babylone et De l’apport génétique du zoroastrisme aux mutations religieuses de l’antiquité). Cette province n’a pas d’importance particulière au sein de l’empire, sauf à partir du moment où elle devient la frontière avec l’Egypte, siège de plusieurs soulèvements qui forcent les Perses à y resserrer leur emprise.

Alexandre continue à pratiquer cette politique de tolérance religieuse, mais nomme un gouverneur grec. A sa mort neuf ans plus tard, l’unité de l’Empire ne tarde pas à voler en éclats et ses généraux s’affrontent dans ce qu’on a appelé la guerre des diadoques. La Syrie se retrouve alors au centre du conflit qui oppose les Séleucides, qui ont pris le contrôle de la Perse, aux Lagides, qui règnent à présent sur l’Egypte. Elle sera l’enjeu de pas moins de six guerres qui s’étaleront sur plus d’un siècle. Il convient donc pour les Grecs des deux bords de ménager le peuple juif pour l’amadouer autant que possible. C’est dans ce contexte que le souverain lagide, Ptolémée II, homme ouvert d’esprit qui avait l’air de s’intéresser sincèrement aux cultures des peuples soumis (ce sera le seul à parler leurs langues, avec Cléopâtre VII), ordonne, vers 270 av-JC, la traduction du Tanakh de l’hébreu en grec par 6 membres différents de chacune des douze tribus d’Israël. Le Grand prêtre Eléazar aurait accepté ce travail à condition que le Pharaon libère les Juifs réduits en esclavage par son père. La légende prétend que les 72 savants, qui travaillaient chacun de leur côté, auraient tous donnés la même version au mot près des livres sacrés grâce à l’inspiration de l’Eternel. En vertu de ce miracle, Flavius Josèphe attribuera à l’ouvrage le nom qui lui est resté, la Septante (soixante-dix), en hommage au nombre arrondi de ses traducteurs. Ptolémée II montre ainsi toute sa considération pour la culture hébraïque, à la grande joie de l’importante colonie juive d’Alexandrie qui peuple deux de ces cinq quartiers. Elle obtient un meilleur statut que les autochtones égyptiens, quant à eux taillables et corvéables à merci.

De ce fait, une partie des Grecs commence à s’ intéresser à cette religion qui s’accordait mieux que le polythéisme aux philosophies de Platon et d’Aristote, leur point commun étant d’avoir adapté chacune à leur culture la sagesse trouvée dans les écrits perses, mais encore d’intégrer plus efficacement les divinités locales dans une culture commune qu’en les identifiant avec des dieux du panthéon grec, en affirmant que toutes ces incarnations n’étaient en fait que les différents visages d’une seule et même entité : le Dieu unique au cent noms qu’il est interdit de prononcer. Certains se mettent alors à suivre les préceptes de la Loi hébraïque, sans toutefois aller jusqu’à la conversion, essentiellement refroidis par la perspective d’avoir à subir la circoncision à l’âge adulte (les femmes n’avaient pas voix au chapitre, pas plus en matière religieuse que sur aucun des autres aspects de la vie sociale), mais ils étaient quand même reconnus par les Juifs sous le nom de « craignant-Dieu » comme plus proches d’eux que les goyim ou gentils. Les premières communautés chrétiennes iront largement puiser dans ce vivier, lorsque la conversion sera rendue plus accessible par la simple immersion dans l’eau qu’est le baptême.

Cela n’empêche toutefois pas les Séleucides d’imposer finalement leur domination sur la Judée en 198 av JC. Ces derniers accordent eux aussi des privilèges au peuple juif qui permettent l’essor économique de la région et convainc d’autres exilés de rentre de Babylone. Antiochos III va jusqu’à exonérer totalement Jérusalem de tribut pendant trois ans entre 193 et 190 av-JC. Cela change cependant lorsqu’il est défait par les Romains à Magnésie en 189 av-JC. Il est alors contraint de signer la paix d’Apamée qui, outre les pertes territoriales en Anatolie, l’oblige à verser une indemnité de guerre s’élevant à la somme astronomique de 12 000 talents d’argent (1 talent = 25,86 kg. Elle alimente en partie les caisses des Scipions qui concentrent pour la première fois tous les pouvoirs à Rome par l’intermédiaire de Scipion l’Africain ; un exemple qui inspirera ceux qui conduiront la République à sa chute. Les Romains refuseront obstinément d’effacer cette ardoise jusqu’à son paiement intégral. Se servir de la dette comme d’un instrument d’affaiblissement et de domination ne date pas d’hier). Pour réunir ces fonds, il entreprend de piller les temples consacrés aux divinités perses, mais il meurt à Elymaïs au cours d’une de ces tentatives. Son successeur et fils, Séleucos IV, qui a hérité de la dette, en vient à convoiter le trésor du temple de Jérusalem où Onias III est soupçonné d’abriter le fortune d’un opposant pro-lagide, Hyrcan le Tobiade, suite à sa dénonciation par Simon le Benjamite qui s’est vu refusé une charge importante par le Grand prêtre parce qu’il n’appartient pas à la lignée d’Aaron, seule habilitée à exercer les plus hautes fonctions.

Séleucos charge son général Héliodore de mener l’enquête et de confisquer l’argent. Mais ce dernier revient les mains vides, empoisonne le roi et tente de monter sur le trône à sa place. Peut être a-t-il détourné l’argent à son profit ou plus probablement a-t-il trouvé un terrain d’entente avec Onias et Hyrcan qui avaient tout intérêt à déstabiliser le régime séleucide, toujours est-il qu’il s’est retrouvé suffisamment riche pour soudoyer une partie de l’armée et s’assurer de sa fidélité. Cependant, Antiochos IV, frère de Séleucos, rentré de Rome après y avoir été gardé en otage avant d’être échangé avec le fils de Séleucos, fait exécuter Héliodore et succède à son aîné en lieu et place de son jeune neveu Démétrios Ier, héritier légitime que les Romains préfèrent garder autant pour le protéger de son oncle que pour faire son éducation et le gagner à leur cause. Antiochos se laisse alors convaincre de remplacer le pro-lagide Onias par son frère Jason, quant à lui pro-séleucide comme feu son père, au poste de Grand prêtre. Jason a tout bonnement acheté la charge. Il demande à Antiochos l’autorisation de transformer Jérusalem en polis grecque et lui promet d’augmenter le tribut versé par la Judée, ainsi qu’une contribution supplémentaire qu’il compte certainement prendre à Hyrcan le Tobiade. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’hellénisation de Jérusalem est plutôt bien accueillie par une partie non négligeable de la population juive qui a tiré profit de l’essor économique impulsé par les grecs, jusqu’à former ce que nous appellerions de nos jours une bourgeoisie ou une classe moyenne qui, grâce à l’acquisition du statut de citoyen, y voit l’opportunité d’accéder aux postes de pouvoir dont elle était exclue faute de pouvoir attester du bon ancêtre.

Ceux là envoient volontiers leurs fils à l’éphébéion pour qu’ils y suivent une des études supérieures et se rendent avec enthousiasme au gymnase, lieu où, nus et huilés comme le veut la règle, se rencontrent les membres de la bonne société pour s’entraîner et suivre des conférences, mais aussi nouer des liens favorables aux affaires, à l’image des clubs anglais, de la franc-maçonnerie, ou encore des think tanks. Tout cela sans qu’ils ne renient pour autant les préceptes essentiels de la Loi mosaïque, ni ne remettent en cause les institutions politiques. Certains vont cependant trop loin. Ils masquent leur circoncision par des artifices et refusent que leurs fils subissent l’ablation rituelle du prépuce. Ils s’attirent ainsi la colère des Juifs traditionalistes qui voient d’un très mauvais œil cette évolution de la société et se servent de ce prétexte pour obtenir le soutien du bas peuple qui grogne, écrasé d’impôts. Ils ne remportent toutefois pas le succès escompté, du moins dans un premier temps. Ce sont les ambitions de Ménélas, parent de Jason, encore plus fervent partisan de l’hellénisation qui vont mettre le feu aux poudres. Il va voir Antiochos en 172 av-JC et se livre à la surenchère. Le roi, qui a non seulement besoin d’argent pour rembourser les Romains, mais aussi pour financer la campagne contre l’Egypte qu’il projette de mener, accepte de le nommer Grand prêtre. Son frère, Lysimaque commet l’irréparable en 170 av-JC, lorsqu’il vole des vaisseaux sacrés au Temple. Des émeutes éclatent. Lysimaque est pris et tué au cours de l’une d’elles, tandis que Ménélas est traîné en justice devant Antiochos qui paie pour le faire libérer au lieu de le punir. A son retour, il fait assassiner Onias, provoquant la guerre civile avec les partisans de Jason. Victime de ces rivalités, le peuple souffre et s’agite de plus en plus. Ménélas est obligé de faire appel aux troupes séleucides pour s’interposer entre les deux factions et Jason est forcé à l’exil. Le désordre ne cesse pourtant pas complètement et va même en s’amplifiant.

Antiochos, jusque là plus préoccupé par sa campagne égyptienne (où il a d’ailleurs remporté la victoire, mais s’est vu contraint par les Romains de renoncer à ses conquêtes une fois arrivé devant Alexandrie), revient pour tenter de mettre un terme aux troubles en Judée en 168 av-JC. Il ne saisi cependant pas très bien les enjeux. Il pense qu’il lui suffira de déposer Ménélas et de rappeler Jason pour ramener le calme, ce qu’il fait. Mais le vent de révolte continue de souffler. On lui explique alors que le différend ne porte pas tant sur la personnalité du Grand prêtre que sur l’interprétation de la Loi des hellénisants. Le roi prend à ce moment une décision radicale : si c’est la Loi qui pose problème, il n’y a qu’à abolir la Loi. Par conséquent, il pille le Temple qu’il consacre à un autre dieu sémitique, Baal (Zeus selon d’autres, mais il serait étonnant qu’Antiochos ait pu être aussi stupide), et détruit les murailles de la ville. Cela reste sans effet, aussi interdit-il toutes les pratiques religieuses juives l’année suivante, l’observation du Shabbat devient par exemple passible de mort. Son polythéisme ne lui permet pas de comprendre à quel point le culte de Yaweh est fondamental pour l’identité de ce peuple, ce qui lui vaut d’apparaître comme une figure de l’antéchrist dans les saintes écritures. Mal lui en prend, car le mouvement de la population jusque là diffus se trouve un chef en la personne de Mattathias, lorsque ce dernier refuse de sacrifier au dieu païen, tue l’officier grec qui voulait l’y obliger, ainsi qu’un Juif qui avait obéi à l’injonction et s’enfuit avec ses fils dans la montagne d’où il organise la rébellion qui commence une guérilla dirigée tout autant contre les séleucides que contre ses coreligionnaires trop hellénisés. C’est le début de la révolte des Maccabées.

La révolte des Maccabées

Elle remporte plusieurs victoires au cours des années 166-165 av-JC qui entraînent le retrait momentané des troupes séleucides à Antioche et lui permettent de s’installer à Jérusalem, bien que la garnison grecque continue d’occuper la citadelle, l’Acra, ainsi que de rendre le Temple au culte de Yaweh (événement célébré par la fête de Hanoucca), mais elle profite surtout de la déliquescence de l’état séleucide qui s’engage à la mort d’Antiochos IV à l’automne 164 av-JC (alors qu’il venait de lancer une tentative de réconciliation au printemps en levant l’interdiction de la religion juive et en promettant l’amnistie aux rebelles qui regagneraient leurs foyers), ce qui provoque l’affrontement de deux de ses généraux qui se disputent la régence, Antiochos V qui a succédé à son père n’étant âgé que de neuf ans, puis de l’intervention diplomatique des Romains, qui se prononcent non seulement en faveur des Juifs, mais libèrent Démétrios Ier, qui revient et assassine son jeune cousin avant de monter sur le trône, et enfin de l’offensive parthe à l’ouest de l’empire Séleucide, pour conduire la Judée vers l’indépendance.

Cela ne va pas sans mal. Les Maccabées remportent de nouvelles victoires, mais ils subissent aussi des défaites et déplorent des pertes. Ainsi, Eléazar frère de Judas, qui a succédé à son père Mattathias, mort de maladie en 166 av-JC, est tué en 162 av-JC. La révolte baisse toutefois d’intensité cette même année, après que Ménélas ait été exécuté et Alcime, certes hellénisé mais beaucoup plus modéré, est désigné par Antiochos V pour lui succéder. Cette nomination est favorablement accueillie par la population, mais Alcime s’illustre rapidement par sa cruauté. Il est chassé du poste de Grand prêtre moins d’un an après y avoir accédé. Il ne renonce cependant pas, mais fait appel à Démétrios, monté sur le trône entre temps, qui lui envoie le gouverneur de Syrie, Bacchidès avec une armée et le rétablit dans sa fonction. Pensant qu’il a stabilisé la situation, Bacchidès quitte la Judée à l’hiver 161-160 av-JC. Mais Alcime continue de régner par la terreur, ce qui pousse les Juifs hellénisants les plus modérés à se rapprocher de Judas. Les deux factions trouvent alors un accord et Simon, un autre des frères Maccabée, bat Alcime qui est forcé de se réfugier en Syrie. Il revient avec une nouvelle armée, menée par Nicanor. Elle subit aussi la défaite, Nicanor est même tué dans la bataille. Bacchidès reprend alors les choses en main et s’impose à la bataille d’Elasa au cours de laquelle Judas trouve la mort ; son frère Jonathan lui succède. Ce dernier est contraint de se réfugier dans le désert, tandis qu’Alcime, qui bénéficie cette fois-ci de la protection d’une importante garnison, est à nouveau maître de Jérusalem. Il meurt quelques mois plus tard, victime d’une paralysie, en 159 av-JC. Personne n’est nommé pour le remplacer.

Jonathan et ses partisans regagnent petit à petit du terrain, tant et si bien que Bacchidès est forcé d’intervenir à nouveau en 157 av-JC. Mais il ne parvient pas à prendre la forteresse de Bethbasi où le rebelles se sont retranchés. Pour sortir de cette impasse, les deux partis s’accordent, officiellement ou tacitement, pour établir une trêve. Les choses ne semblent plus évoluer significativement jusqu’en 152 av-JC, sans doute pour éviter une intervention de Rome, avec qui Jonathan a conclu une alliance. A ce moment, la guerre civile éclate entre Démétrios II et Alexandre Balas, un usurpateur qui revendique le pouvoir avec le soutien du souverain lagide égyptien, Ptolémée VI, qui doit aux Romains d’avoir retrouvé son trône. Jonathan est d’abord sollicité par Démétrios. Pour s’assurer de sa fidélité alors qu’il est obligé de retirer ses troupes de Judée pour faire face à la menace, il permet à Jonathan de recruter une armée et de s’installer à Jérusalem. Mais Alexandre Balas lui fait une offre encore plus avantageuse : il lui accorde le titre de Grand prêtre, ainsi que ceux de gouverneur civil et militaire. Dès lors, on peut considérer que la Judée a acquis son indépendance de fait. Alexandre Balas finit par réussir à tuer Démétrios Ier et à prendre sa place en 150 av-JC. L’Empire séleucide n’a cependant pas résisté à cette période d’anarchie. Il a volé en éclats avec la proclamation d’indépendance de l’Atropatène, de la Médie, de l’Elymaïde et de la Perse qui ne tardent pas à être envahies par les armées parthes du roi Mithridate Ier. Incapable de rétablir l’unité, Alexandre Balas perd le soutien de l’Egypte qui lui préfère à présent Démétrios II, fils de Démétrios Ier. Pour sceller l’alliance, il épouse la fille du pharaon lagide, Cléopâtre Théa, jusque là mariée avec Alexandre Balas.

Jonathan reste quant à lui fidèle à Alexandre Balas, en 147 av-JC, il bat même Apollonios, un lieutenant de Démétrios II, et se voit attribuer le territoire d’Eqrôn en récompense pour le service rendu. Cela n’empêche pas Démétrios II d’éliminer Alexandre Balas et de monter sur le trône en 145 av-JC. Les troubles ne cessent pas pour autant, Diodote Tryphon, continue la lutte au nom d’Antiochos VI, fils d’Alexandre Balas et de Cléopâtre Théa âgé de deux ans. De son côté, Jonathan tente de s’emparer de la citadelle de Jérusalem dont il fait le siège. Dénoncé auprès de Démétrios II, il se rend à Ptolémaïs (Acre) pour négocier avec le nouveau roi. Il se voit confirmé comme Grand prêtre et obtient même une exonération de tribut pour la Judée, ainsi que l’attribution de nouveaux territoires qui doublent presque l’étendue de surface sous son autorité. Il réprime alors l’insurrection des partisans de Tryphon. Il change encore une fois son fusil d’épaule après le départ de Démétrios pour sa guerre contre les Parthes et l’entrée de Tryphon à Antioche où il fait couronner Antiochos VI. Tryphon le confirme dans sa charge, entérine son pouvoir sur les territoires promis par Démétrios et nomme son frère Simon stratège de la côte phénico-philistine. Jonathan prend alors la tête d’une armée séleucide qui soumet Ashkelon et Gaza, puis bat des soutiens de Démétrios en Judée, avant d’en faire autant avec des Arabes zabadéens et de se rendre maître de Damas. Tryphon se méfie cependant de son nouvel allié. Il le convainc de venir le rencontrer à Ptolémaïs où il massacre sa garde et fait Jonathan prisonnier. Simon se fait aussitôt désigner chef de Jérusalem et va attendre Tryphon dans la plaine avec son armée. Ce dernier prétend qu’il a procédé à l’arrestation de Jonathan parce qu’il refusait de payer le tribut, et réclame 100 talents d’argent et les deux fils de Jonathan en échange de sa libération. Il obtient sa rançon, mais manque à sa parole. Il tente ensuite une expédition pour s’emparer de Jérusalem, mais renonce en raison du mauvais temps et de la présence de Simon. Jonathan est exécuté peu après, en 143 av-JC. Par conséquent, Simon revient vers Démétrios à qui il demande l’autonomie de la Judée (ce qui ne veut pas dire l’indépendance, qu’aucun souverain séleucide, réclamant tous le paiement du tribut, ne reconnaîtra jamais). Le roi séleucide la lui accorde, fait retirer ses troupes de la citadelle de Jérusalem, ce qui conduit Simon à se faire proclamer Grand prêtre, stratège et ethnarque à titre héréditaire en 140 av JC. Cela signe le véritable acte de naissance de l’Etat hasmonéen. C’est la dernière fois où les Juifs ont bénéficié d’un territoire à eux, avant la création d’Israël en 1948 (à l’exception notable du cas des Khazars, tribu turque sans aucun lien avec les hébreux, qui se seraient quant à eux convertis au judaïsme de leur propre initiative au courant du huitième siècle de notre ère pour éviter de tomber sous la coupe des chrétiens de l’Empire byzantin d’un côté ou sous celle des musulmans du Califat de Bagdad de l’autre ; leur territoire se trouvant à la frontière entre ses deux grandes puissances de l’époque, dans le Caucase, entre Mer Noire et Caspienne. Leur passage à une religion du Livre, ainsi que leur position stratégique leur assurait la bienveillance relative de ces deux entités, comme ils protégeaient d’une part les chrétiens d’une invasion musulmane par voie de terre et empêchaient d’autre part les Rhus -que nous appelons Vikings- de venir faire des razzias chez les musulmans. Il se pourrait bien que la plupart des Juifs ashkénazes soient les descendants de ce peuple dont on perd la trace au milieu du 13ème siècle).

Le royaume hasmonéen

En 134 av-JC, Simon et deux de ses fils sont assassinés par son gendre, Ptolémée, sans doute à l’instigation d’Antiochos VII (frère de Démetrios II, parvenu sur le trône séleucide après que Cléopâtre Théa, outrée d’avoir appris que Démétrios s’était marié en captivité avec la fille de Mithridate, Rhodogune, l’ait épousé en 138 av-JC). Ptolémée est cependant battu par Jean Hyrcan Ier, qui succède à son père grâce au soutien de l’armée. Antiochos VII parvient quand même à s’emparer de Jérusalem trois ans plus tard, ce qui oblige Hyrcan à se soumettre, à payer le tribut, à fournir des otages, ainsi que des troupes qui participent à la guerre contre les Parthes. Antiochos est tué au cours de cette campagne, en 129 av-JC et Démétrios II, libéré, retrouve sa place pour un temps avant d’être assassiné par Cléopâtre Théa en 125 av-JC, alors qu’il tentait de fuir l’avancée des troupes d’Alexandre Zabinas, un nouvel usurpateur soutenu par le souverain lagide, Ptolémée VIII. Hyrcan profite de cette période de troubles, non seulement pour reprendre son indépendance dès 129 av-JC, mais encore pour pour agrandir son territoire. Il conquiert tout d’abord une partie de la Tansjordanie en 128 av-JC, puis l’Idumée et la Samarie en 125 av-JC. Il se retrouve alors à la tête d’un état où le judaïsme n’est pas la religion de la majorité de la population.

Le Grand prêtre choisit la conversion comme solution. Si les habitants de Transjordanie et de Samarie le font de leur plein gré, ceux-ci pratiquant déjà la circoncision, le shabbat et reconnaissant la Torah (le Pentateuque) comme livre sacré, mais pas le Talmud, ni la suprématie du Temple de Jérusalem, comme ils ont été exclus de sa reconstruction au retour de l’exil à Babylone, ce qui fait qu’ils étaient considérés comme païens par la Judée (le schisme entre le royaume de Juda et celui d’Israël -la Samarie- remonterait au roi Salomon selon la Bible, mais aucune donnée archéologique fiable ne permet de confirmer qu’il ait vraiment existé, ni que le deux royaumes aient réellement formé une entité unique), les Iduméens sont convertis de force, ceux qui refusent d’abandonner le culte de leur dieu national, Qos, sont expulsés du pays et vont s’installer dans la vallée du Nil. Sa politique change donc radicalement de la tolérance religieuse prônée par les Grecs ; le Temple des Iduméens sera détruit en 108 av-JC. Cela provoque un regain de tension dans la société juive qui se divise une nouvelle fois en deux partis antagonistes, les pharisiens, issus de la classe moyenne, plutôt favorables à une séparation des pouvoirs politiques et religieux, et sadducéens, représentants de la classe sacerdotale pour qui ils sont absolument indissociables. Le tout exacerbé par la pression fiscale nécessaire au financement des guerres.

La mort d’Hyrcan, en 104 av-JC, n’arrange pas les choses, au contraire, la maladie du pouvoir qui ronge les dynasties séleucides et lagides gagne les Hasmonéens. Son fils et successeur, Aristobule, prend le titre des rois grecs, basileus, fait exécuter l’un de ses frères, Antigone, et met les autres en prison, ainsi que sa mère qu’il laisse alors mourir de faim. Dès lors, il ne serait pas étonnant qu’une partie de la population, en l’occurrence les esséniens, ait commencé à craindre qu’une punition divine vienne s’abattre sur elle pour ces péchés et prié pour la venue d’un homme providentiel à même de rétablir l’harmonie. Aristobule meurt un an seulement après être entré en fonction (de mort naturelle?), non sans avoir conquis et judaïsé la Galilée. Sa femme, Salomé Alexandra, parvient néanmoins à calmer le jeu. Elle fait libérer les frères d’Hyrcan, puis épouse l’un d’eux, Alexandre Jonathan ou Jannée, qui devient par conséquent chef de l’Etat hasmonéen. Le règne de ce dernier est marqué par la poursuite des conquêtes, mais aussi par la répression féroce du mouvement d’opposition conduit par les pharisiens.

Quand Jannée attaque Ptolémaïs (Acre) avec son armée supplée par des mercenaires, la ville appel à son secours Ptolémée IX, le souverain lagide déposé par sa mère Cléopâtre III après qu’il ait tenté de l’assassiner, alors en exil, qui voit là l’opportunité de se constituer un fief qui lui permettra de retrouver les forces nécessaires pour affronter son frère Ptolémée X qui l’a remplacé sur le trône d’Egypte (le parallèle avec l’action que mènera Jules César une quarantaine d’année plus tard pour évincer son rival Pompée est assez frappant. Il prétendra répondre à la demande des tribus gauloises menacées par l’invasion des hordes germaines pour imposer sa domination sur toute la région et accroître sa puissance avant de se lancer à la conquête du pouvoir à Rome. Les divisions au sein de la société gauloise devaient beaucoup ressembler à celles qui rongeaient le Moyen-Orient. Compte tenu des technologies de l’époque, on peut considérer que la crise économique, politique et morale était aussi mondiale que celle qui nous frappe de nos jours). Cette intervention force Jannée à reculer de plus en plus en Galilée avant d’être battu sur les bords du Jourdain. Il joue alors la carte politique, fait appel à Cléopâtre III, qui contraint son fils indigne à se retirer à Chypre en 102 av-JC. Jannée se tourne ensuite vers la Jordanie où il remporte plusieurs succès avant de subir un gros revers, au cours duquel une grande partie de son armée est exterminée, qui lui fait perdre tout le terrain gagné. Cela ne refroidit pas pour autant ses ardeurs guerrières. Il reprend l’offensive le long de la côte philistine, s’empare de Rafah, descend plus au sud jusqu’à Rhinocolure, puis revient au nord, à Anthédon. Gaza se trouve alors encerclée. Elle tombe en 96 av JC, après un siège d’un an. Irrité par cette résistance obstinée, Jannée massacre une partie de la population.

Cette même année, le mécontentement des pharisiens éclate au grand jour. Ils prennent pour prétexte une bévue du Grand prêtre lors d’un rituel de la fête de Souccot pour contester sa légitimité à la charge sacerdotale suprême. Des émeutes éclatent à Jérusalem. Jannée les réprime sans pitié ; 6 000 personnes y auraient alors perdu la vie. La révolte continue cependant à couver. Il repart cependant sans plus attendre pour la Transjordanie où il compte prendre sa revanche. Il soumet le pays de Galaad et fait raser Amathonte, mais il reperd tout alors qu’il se dirige vers le plateau du Golan, où le roi des Nabatéens, Obodas Ier, parvient à le prendre en embuscade dans une gorge profonde où son armée est totalement anéantie. Il réussit quant à lui à s’en échapper et à retourner à Jérusalem. Ce nouvel échec calme ses ardeurs guerrières pour un temps.

En 88 av-JC, il propose aux pharisiens de négocier pour reconstituer ses forces. Ces derniers refusent catégoriquement la proposition, ils s’allient au contraire avec le séleucide Démétrios III. La coalition bat Jannée aux environs de Sichem, mais peu après, les 6 000 pharisiens quittent l’armée de Démétrios qui rentre aussitôt en Syrie. Ce retrait permet à Jannée de poursuivre les traîtres et de les prendre à Bémésélis. Huit cents d’entre eux sont ramenés enchaînés à Jérusalem, puis crucifiés pendant que leurs femmes et leurs enfants sont égorgés sous leurs yeux, alors que Jannée participe à un banquet en assistant au spectacle. Suite à cette horreur sans nom, huit mille opposants s’enfuient du pays.

En 84 av-JC, Jannée échoue dans sa tentative d’empêcher le passage en Judée de l’armée du successeur de Démétrios, Antiochos XII, qui part en campagne contre Arétas III, roi des Nabatéens tout juste monté sur le trône. Arétas remporte une victoire au cours de laquelle Antiochos est tué, mettant fin à l’empire séleucide. Puis il lance une campagne contre la Judée et bat Jannée près d’Adida. L’installation d’Arétas à Damas sert plutôt Jannée. Elle lui permet de brandir le spectre de l’invasion et de la perte de souveraineté que les divisions internes pourraient favoriser, et de prôner l’union nationale pour faire face à ce danger. Il repart l’année suivante pour sécuriser la frontière, occupe Gerash, puis s’empare de la Décapole et du Golan. Le conflit avec les Nabatéens dure jusqu’à la fin de sa vie en 76 av-JC où il succombe à la maladie lors du siège de Ragaba. Mais juste avant cela, il reconnaît que l’aide des pharisiens lui a été précieuse dans la défense du pays, leur permet d’entrer au Conseil et opère à une séparation de fait des pouvoirs en léguant la royauté à sa femme, Salomé Alexandra, qui ne peut être aussi Grand prêtre en raison de son sexe. Elle nomme Hyrcan II, son fils aîné, à ce poste. Bien que l’historien Flavius Josèphe affirme qu’elle s’est alliée aux pharisiens sur le conseil de Jannée, on peut penser que c’est plutôt elle qui suggérait depuis longtemps à son mari d’appliquer une stratégie d’apaisement entre les deux partis antagonistes, voire qu’elle qu’elle s’est emparée du pouvoir par une sorte du coup d’état en douceur dans ce but, mais aussi pour éviter l’affrontement de ses fils. Elle y parviendra tant bien que mal jusqu’à sa mort.

En effet, une fois les pharisiens entrés dans les bonnes grâces de Salomé, ils ne ne pardonnent pas à leurs adversaires les violences qu’ils ont subi, mais éliminent les leaders sadducéens qu’ils tiennent pour responsables. Ce n’est pas sans rappeler la lutte entre optimates et populares à Rome et son lot de proscriptions. Les pharisiens commencent par les faire exécuter, mais les sadducéens trouvent vite un défenseur en la personne du second fils de Salomé, Aristobule II, qui plaide auprès de sa mère en faveur de leur bannissement plutôt que de leur mise à mort. Il obtient gain de cause et certains ne sont même pas obligés de quitter le pays, mais relégués dans des forteresses loin de Jérusalem. Ils se rassemblent alors autour d’Aristobule qui se constitue ainsi une armée. Salomé fait emprisonner la femme et les fils d’Aristobule pour réfréner ses ambitions, mais lui laisse le commandement de l’armée. Lorsqu’elle meurt en 67 av-JC, la guerre civile devient inévitable. Les partisans d’Hyrcan sont écrasés près de Jéricho ; lui-même et ceux qui lui restent fidèles se retrouvent assiégé dans le Temple de Jérusalem, avec la famille d’Aristobule en otage. Les deux frères parviennent alors à un accord, à Hyrcan le poste de Grand prêtre et à Aristobule, la royauté. Le tout est scellé par le mariage entre la fille d’Hyrcan et le fils d’Aristobule. Un schéma assez similaire unira bientôt Pompée et Jules César.

Le pacte à l’air solide, mais il n’est pas du goût de l’Iduméen Antipater. Ce gouverneur d’Edom parvient à convaincre Hyrcan qu’il n’a pas à partager le pouvoir. Ils s’enfuient ensemble à Pétra où ils demandent l’aide d’Arétas III en échange de concessions territoriales. Leurs forces conjuguées reviennent un peu plus tard en Judée, et c’est au tour d’Aristobule d’être assiégé dans le Temple. Seule l’intervention de Rome par l’intermédiaire de Pompée en 63 av-JC mettra fin au conflit entre les deux frères, mais ce sera aussi le début de la fin de l’indépendance pour le royaume hasmonéen, moins d’un siècle après qu’il l’ait acquise. L’attitude actuelle d’Israël dominée par la hantise de voir un jour le pays disparaître s’explique en partie par ce précédent historique.

La domination romaine

Quand le lieutenant de Pompée, Aemilius Scaurus, arrive à Damas, Hyrcan et Aristobule lui envoient tous deux des ambassadeurs plaider chacun leur cause. Le Romain opte pour Aristobule, à la fois le plus riche, le trésor du Temple étant à sa disposition, et le plus difficile à déloger. La simple menace d’intervention des troupes romaines à Jérusalem suffit à convaincre Antipater et Arétas de lever le siège. En récompense, Pompée, arrivé lui aussi dans la région, reçoit d’Aristobule un cadeau somptueux d’une valeur de 500 talents. Antipater vient alors à sa rencontre pour lui demander un arbitrage plus éclairé. Pompée convoque les deux frères pour qu’ils s’expliquent, mais il ne rend toutefois pas immédiatement son verdict bien qu’il ait déjà sûrement une préférence pour Hyrcan qu’il juge plus faible de caractère. Il prend pour prétexte une expédition contre les Nabatéens pour entrer en Judée et demande à Aristobule de lui livrer toutes ses forteresses. Aristobule s’exécute sur le champ, ce qui ne l’empêche pas d’être fait prisonnier peu après, à Jéricho. Pompée le contraint alors à écrire une lettre aux prêtres de Jérusalem pour qu’ils lui livrent la ville. Ces derniers refusent d’obtempérer tant que leur chef reste otage et se barricadent dans le Temple. Pompée les assiège pendant trois mois avant d’obtenir une victoire qui se solde par un bain de sang. Le lendemain, il commet le sacrilège de pénétrer en personne dans le saint des saints, où seul le Grand prêtre est autoriser à entre une fois par an, et constate qu’il est quasiment vide. Il nomme Hyrcan II Grand prêtre le jour suivant, exile Aristobule et sa famille à Rome, et fait raser les murailles de Jérusalem. Ce n’est toutefois pas à Hyrcan qui n’a plus le droit d’user du titre de roi que revient le pouvoir réel, mais à Antipater, l’Iduméen nouvellement converti au judaïsme, probablement jugé plus fiable, car à l’écart des querelles dogmatiques et dynastiques. La Judée est dès lors soumise au paiement annuel du tribut à Rome. En dehors d’Edom, les autres territoires conquis sont rendus à leurs habitants et intégrés à la province romaine de Syrie. L’indépendance du royaume hasmonéen n’est plus qu’un souvenir.

Les partisans d’Aristobule ne continuent pas moins de contester l’autorité d’Hyrcan et Antipater. Ils se révoltent en 58 av-JC, lorsqu’un fils de leur leader, Jonathan Alexandre II, parvient à s’échapper de Rome et à rejoindre la Judée. Il chasse Hyrcan de Jérusalem et se proclame roi. Cela ne dure pas. Hyrcan fait appel au gouverneur romain de la province de Syrie, Gabinius, qui réprime la révolte, fait prisonnier Alexandre et remet le tandem en place. La répression s’abat une nouvelle fois sur les fidèles d’Aristobule en 54 av-JC, lors du passage de Crassus qui voit en eux de possibles alliés des Parthes qu’il part combattre. Sa mort à la bataille de Carrhes encourage le soulèvement de la population. Il est tout aussi brutalement réprimé par Cassius Longinus, partisan de Pompée et futur assassin de Jules César qui s’alliera à Brutus dans la guerre dite des libérateurs.

Les adversaires d’Hyrcan et Antipater voient l’occasion de revenir aux affaires avec la guerre qui oppose leur protecteur Pompée à Jules César. Aristobule est libéré et deux légions lui sont confiées. Il est empoisonné par les amis de Pompée avant même son départ pour la Syrie, pendant que son fils Jonathan Alexandre II est égorgé à Antioche. A la mort de Pompée, assassiné en Egypte peu après sa défaite à Pharsale en 48 av-JC, Hyrcan et Antipater se retrouvent en position délicate. Aussi n’hésitent-t-ils pas à exhorter les Juifs d’Alexandrie à aider César qui est assiégé dans la ville, tandis qu’Antipater prend lui-même la tête d’une armée qui se rend en Egypte rompre l’encerclement. En récompense pour cette aide, César confirme Hyrcan comme Grand prêtre et le nomme éthnarque des Juifs alors qu’Antipater devient administrateur de Judée, ainsi qu’il autorise la reconstruction des murailles de Jérusalem. Cela lui permet de nommer ses fils, Phasaël et Hérode, stratèges, de Jérusalem pour le premier et de Galilée pour le second. Celui-ci s’attire les foudres de l’élite sacerdotale lorsqu’il fait exécuter Ezéchias, le chef des insurgés galiléens. Hyrcan est alors obligé de convoquer Hérode pour qu’il s’explique, puis de le faire comparaître devant le Sanhédrin, qui tient à la fois lieu d’assemblée législative et de cour suprême, qui l’acquitte sous l’influence des pharisiens et du gouverneur romain de Syrie, Sextus César qui le nomme de surcroît stratège de Coelé-Syrie et de Samarie.

Puis arrive l’assassinat de Jules César aux ides de mars 44 av-JC. Antipater et Hérode se rangent sans hésiter aux côtés de Caecilius Bassus, gouverneur de Syrie lié au parti des césaricides qui exige d’eux 700 talents pour financer la guerre qui se profile. Mais la région gouvernée par Malchius tarde à verser son écot de 100 talents. Cassius et ses troupes en prennent le chemin, mais font demi-tour après qu’Antipater se soit acquitté du tribut exigé. Il paie pour s’assurer de rester en fonction. Malchius qui ambitionne de le remplacer l’empoisonne en 43 av-JC, avant d’être lui-même assassiné à Tyr par Hérode, avec la complicité de Cassius qui l’a nommé intendant de Syrie. Ce dernier et le gros des légions partent combattre Octave et Marc Antoine un peu plus tard ; Hérode se retrouve seul. Les troubles en Judée refont surface. Un fils d’Aristobule, Antigone II Mattathiah, en profite pour tenter de faire son retour, avec l’aide de Marion, le tyran de Tyr, chez qui il est réfugié, sous le regard complaisant de Fabius, le gouverneur romain qui n’a de toute façon pas les moyens de s’y opposer. Ils parviennent à s’emparer d’une partie de la Galilée, mais Hérode parvient toutefois à repousser leur avance en Judée. En signe de gratitude pour cette protection, Hyrcan promet la main de sa petite fille, Myriam (prénom hébreu qui donne Marie en français) ou Mariamne l’Hasmonéenne, à Hérode, ce qui le fera entrer dans la famille royale ; mais avant cela, il doit répudier sa femme, Doris.

Après la victoire d’Octave et Marc Antoine et la mort de Cassius et Brutus à Philippes, des délégations juives viennent se plaindre de la gouvernance d’Hérode et de Phasaël auprès d’Antoine à qui revient la partie orientale du territoire romain. Hérode prend les devants et va lui aussi le voir, avec dans ses bagages une somme si faramineuse que son frère et lui auront désormais le titre de tétrarque. Cette politique de pots de vin pèse évidemment sur les épaules du peuple qui doit payer. En 40 av-JC, les Parthes passent à l’offensive. Ils prennent le contrôle de la Syrie sans avoir à livrer bataille, grâce à la présence à leurs côtés du fils de Titus Labienus (le meilleur lieutenant de César pendant la guerre des Gaules qui a choisi Pompée lors de la guerre civile pour rester dans la légalité), Quintus Labienus, qui a trouvé refuge en Parthie après la défaite de Philippes et a réussi à convaincre la garnison romaine d’épouser sa cause, et offrent leur soutien à Antigone II Mattathiah contre Hyrcan. Les deux partis s’affrontent à Jérusalem. Les Parthes proposent à Hérode et Phasaël de se rendre auprès du satrape Barzapharnès pour négocier la paix. Hérode refuse, mais son frère et Hyrcan acceptent de se déplacer. Ils sont fait prisonniers. Constatant qu’il a été dupé, Phasaël se suicide, tandis qu’Hyrcan est emmené en captivité à Babylone, non sans qu’on lui ait coupé une oreille, mutilation qui l’empêche de revendiquer le poste de Grand prêtre, celui-ci se devant d’être exempt de toute infirmité. Antigone II Mattathiah le remplace à cette charge, ainsi qu’il obtient le droit de porter le titre de roi, mais la restauration de l’indépendance est en fait une illusion, comme il exerce son pouvoir sous la tutelle des Parthes. Hérode parvient quant à lui à sortir de Jérusalem avec 9 000 de ses hommes, échappe à une embuscade, met sa famille, dont Mariamne avec qui il se fiance, en sécurité dans la forteresse de Massada et s’en va quérir de l’aide auprès des Nabatéens à Pétra. Ils ne lui en offrent pas, pas plus qu’aucun roi de la région. Aussi part-il pour Alexandrie, puis pour Rome où il trouve Antoine et Octave, Ceux-là lui font bon accueil, et le Sénat romain le proclame roi de Judée en décembre 40 av-JC, bien qu’il ne soit pas d’ascendance royale.

Le règne d’Hérode

En 39 av-JC, Publius Venditius Bassus est envoyé en Orient. Sa mission principale est d’éliminer Quintus Labienus. Il s’en acquitte, puis bat et tue le roi parthe Pacorus Ier à la bataille de Gindarus. Cela permet à Hérode d’entamer la reconquête. Il débarque au nord, à Ptolémaïs, ville qui a résisté à l’invasion parthe, où l’attendent des troupes, puis, avec l’appui des légions, il descend le long de la côte jusqu’à Joppé avant de libérer l’Idumée, son pays d’origine. Il se dirige ensuite à Massada où il récupère sa famille, puis remonte vers le nord par l’intérieur des terres et prend la Samarie. Il doit cependant renoncer à attaquer Jérusalem, à cause des réticences du général romain Silo. Il se charge alors de la Gallilée où il élimine la résistance à l’hiver 38 av-JC. Il quitte alors ses troupes pour aller se plaindre auprès d’Antoine de l’attitude de ses lieutenants, le commandement revient par conséquent au gouverneur de Syrie, Sosius. En son absence, les Galiléens se révoltent et noient les chefs de son armée dans le lac de Tibériade, tandis que son frère, Joseph, trouve la mort dans une embuscade près de Jéricho. Les deux légions de Sosius lui permettent de reprendre le contrôle de ces territoires. Au printemps de 37 av-JC, il peut enfin s’atteler au siège de Jérusalem. Il donne ses ordres, puis s’absente à nouveau quelques jours, pour épouser Mariamne qui lui donnera un accès légitime au trône après la victoire. La ville tombe début juillet. Antigone II Mattatiah se rend à Sosius qui l’envoie à Antoine à Antioche, malgré les protestations d’Hérode qui voulait l’exécuter sur le champ. Antoine s’en charge contre rémunération. Il fait décapiter Antigone, un mode d’exécution infamant pour un roi, les chefs ennemis capturés par les Romains étant d’ordinaire étranglés lors du triomphe. Ce supplice inédit pour un personnage de haut rang devait ternir la mémoire d’Antigone et redorer le blason d’Hérode qui prend dans la foulée le titre de roi des Juifs. 45 membres de Sanhédrin qui ont soutenu Antigone sont eux aussi exécutés.

Il parvient à faire libérer Hyrcan qui revient à Jérusalem, mais, comme celui-ci ne peut plus exercer la fonction de Grand prêtre, il nomme à ce poste le frère de Mariamne, Aristobule III, âgé de 17 ans seulement. L’apparition du jeune homme lors de la fête des Tabernacles de 36 av-JC provoque la liesse de la foule qui l’acclame comme le nouveau David. Cette popularité pose un double problème à Hérode. Il craint d’une part que l’aristocratie sacerdotale s’en serve pour fomenter une révolte contre lui, ce qui provoquerait immanquablement l’intervention romaine et probablement son éviction devant son incapacité à faire régner l’ordre, mais sa sœur, Salomé, qui déteste les Hasmonéens, le pousse de plus à croire que sa belle-mère, Alexandra, ainsi qu’Hyrcan complotent avec Cléopâtre, la reine lagide d’Egypte qui rêve de s’approprier la Judée, afin d’inciter Marc Antoine à faire d’Aristobule son favori à son détriment. Les deux femmes auraient planifié une entrevue entre le jeune Grand prêtre et le Romain à Alexandrie, ce à quoi Hérode se serait opposé en prétextant un risque d’émeute en cas de départ de son beau-frère de Judée. Il prend donc la décision d’éliminer Aristobule et le fait noyer dans une piscine lors d’une fête au palais de Jéricho (cet épisode combiné à la décapitation d’Antigone Mattathiah pourrait être à l’origine du récit biblique qui raconte qu’une autre Salomé, fille d’Hérodiade, aurait obtenu la tête de Jean le Baptiste, après avoir exécuté une danse lascive devant son roi de père, Hérode fils d’Hérode ; une con-fusion classique des événements dans la transmission orale. La danse fait quant à elle référence au livre d’Esther). Il fait croire à un accident et ordonne des funérailles en grandes pompes où il paraît éploré ; mais personne n’est vraiment dupe. Il nomme Grand prêtre un certain Hananel, originaire de Babylonie ; pas moins de huit Grands prêtre se succéderont durant son règne, de préférence étrangers, égyptiens ou babyloniens. Le crime est cependant dénoncé par Alexandra à Marc Antoine qui convoque Hérode pour une explication. Il sauve une fois de plus sa tête grâce à un pot de vin dont Marc Antoine a fort besoin pour mener sa nouvelle campagne contre les Parthes en 35 av-JC, après son échec de l’hiver 36-37 av-JC. A son retour, Hérode fait emprisonner Alexandra, mais aussi exécuter Joseph, le mari de Salomé qu’elle accuse d’avoir eu une relation coupable avec Mariamne, qui est quant à elle pour l’instant épargnée bien qu’elle se soit insurgée contre le meurtre de son frère et l’emprisonnement de sa mère.

En 31 av-JC, Cléopâtre tente de pousser Hérode à la faute. Elle obtient enfin d’Antoine une partie de son territoire, Jéricho, et encore que les Nabatéens lui paient un tribut. Ceux-ci cessent bientôt de le verser, aussi exige-t-elle du roi de Judée qu’il leur fasse la guerre, ce qu’Hérode fait. Puis vient la défaite d’Antoine contre Octave à Actium. Hérode le rencontre à Rhodes après s’être imposé contre les Nabatéens. Il voit sa royauté confirmée et son territoire s’agrandir, il récupère entre autres Jéricho et la Samarie. La prise du pouvoir par le seul Octave est un événement déterminant dans la création du christianisme. Il deviendra en effet non seulement Princeps Senatus dès 28 av-JC, mais il recevra de plus le cognomen d’Augustus, Auguste, en 27 av-JC, un terme jusque là réservé au domaine religieux, qui servait uniquement à qualifier des dieux ou des temples et non des êtres humains. Avec la construction de temples dédiés à Jules César et à sa personne, surtout en Orient, il instaure le culte de l’Empereur, bien qu’il refuse d’être divinisé de son vivant. L’invention du christianisme et son essor en Asie peuvent donc s’interpréter comme une forme de réaction et de résistance au culte impérial, séduisantes pour les « Grecs », qui font que les Romains verront les premiers chrétiens comme des terroristes potentiels, désireux de renverser le pouvoir.

Ce changement politique à Rome arrange bien Hérode. Non seulement il n’a plus rien à craindre du côté de l’Egypte qui devient le domaine réservé d’Octave après la mort de Cléopâtre, mais il peut aussi être rassuré par la volonté du Romain d’apaiser ses relations avec les Parthes. Ses ennemis n’ont donc plus d’alliés susceptibles de leur apporter de l’aide de l’extérieur. Il n’a par conséquent plus besoin de les ménager et fait mettre à mort Hyrcan. En 29 av-JC, c’est au tour d’un autre membre de la dynastie hasmonéenne d’être exécuté, sa propre femme, Mariamne. Cette fois-ci, Salomé a réussi à persuader son frère que la reine avait pris part à un complot visant à l’empoisonner. Il la fait tuer sous le coup de la colère, mais le meurtre de son épouse bien aimée l’affecte énormément et le conduit au bord de la folie, comme il demande plusieurs fois à la voir, oubliant qu’elle est morte. En 28 av-JC, il fait assassiner Alexandra. Plusieurs de ses proches subissent le même sort, toujours suite aux accusations de Salomé. Lorsqu’Hérode s’oppose à son divorce avec son second mari, Costobar, car il contreviendrait aux traditions juives (la Salomé, fille d’Hérodiade est victime de la même accusation dans la Bible, ce qui confirme la confusion des deux personnages), elle le dénonce pour ce qu’il a laissé échapper des parents éloignés d’Hyrcan lors du siège de Jérusalem de 37 av-JC contrairement aux ordres qu’il avait reçu du roi de verrouiller la ville, et qu’il leur encore trouvé un refuge, en Idumée, qui plus est. Hérode retrouve tous ces gens et les fait périr, ainsi que Costobar. Les assassinats politiques cessent ensuite pendant plusieurs années.

Le retour de Rome où ils ont été éduqués des fils d’Hérode et Mariamne, Alexandre et Aristobule IV, inquiète Salomé. Elle craint surtout qu’ils veuillent se venger d’elle qui a fait tué leur mère une fois qu’il sera au pouvoir, bien qu’Aristobule ait épousé sa fille Bérénice. Aussi décide-t-elle de passer une alliance avec Antipater, le fils qu’Hérode a eu avec Doris. Le roi envisage alors d’exclure les deux héritiers hasmonéens de sa succession, mais il se heurte à l’opposition de l’empereur Auguste qui refuse catégoriquement cette possibilité. Antipater obtient toutefois le droit de figurer dans le testament de son père. Le compromis tient jusqu’en 8 av-JC, quand Salomé affirme qu’Alexandre et Aristobule sont impliqués dans un complot. Leur procès se tient à Beyrouth. Ils sont tous deux condamnés à mort et exécutés. Cet épisode apparaît dans la Bible, mais déformé sous le titre du Massacre des Innocents. Le Livre prétend qu’au lieu des deux fils qu’il a eu de Mariamne-Myriam-Marie, Hérode, averti de la naissance du Messie, aurait fait assassiner tous les enfants mâles du royaume âgés de moins de deux ans. Aucun chroniqueur de l’époque ne fait état d’un tel massacre qui ne serait pourtant pas passé sous silence. Le but de ce mensonge est à l’évidence d’établir un parallèle entre Hérode et Ramsès qui aurait fait la même chose à la naissance de Moïse. Hérode est cependant pris d’une vraie frénésie meurtrière qui montre clairement qu’il a basculé dans la folie à ce moment, comme s’est par exemple le cas de beaucoup de soldats américains chargés des missions search and deastroy au Viêt Nam (je pense particulièrement au témoignage de ce soldat qui ne savait pas quelle serait son attitude à la descente de son hélicoptère, mais qui a tiré sur tout ce qui bouge après qu’il ait abattu dans le dos une femme qui s’enfuyait et qu’il se soit aperçu que la balle avait traversé son corps pour venir tuer le bébé qu’elle tenait dans ses bras). Il fait liquider 300 des officiers de son armée après que leurs familles eurent été lapidées dans l’hippodrome de Jéricho

En 4 av-JC, Antipater est à son tour accusé de comploter, peut être plus a raison, comme Salomé attend la mort de leur frère Phéroras, lui aussi impliqué, pour le dénoncer à Hérode. Antipater subit la peine capitale, cinq jours à peine avant la mort d’Hérode. Salomé fait alors libérer les nombreux opposants des quatre coins de la Judée, dont beaucoup de pharisiens, que son frère avait fait emprisonner, au lieu de les massacrer « pour être sûr que les Juifs pleureraient après sa mort », comme il l’aurait ordonné d’après Flavius Josèphe.

Tous ces meurtres lui ont valu pendant longtemps la réputation d’avoir été un tyran sanguinaire. Plusieurs éléments sont pourtant à mettre à son crédit. Tout d’abord, il a tenté de mettre fin au cycle infernal des guerres civiles, certes par une méthode extrêmement violente, en empêchant que les représentants de la dynastie hasmonéenne puissent servir de prétexte aux luttes de clans, de même qu’il a mis un terme à l’hégémonie de la caste sacerdotale sur la vie religieuse en ayant la mainmise sur le Temple, tout en respectant lui-même scrupuleusement les préceptes du judaïsme bien qu’il fut iduméen, converti de fraîche date et sous la contrainte. Contrairement à ces prédécesseurs, il s’est aussi montré bienveillant avec les Samaritains, qui entretenaient pourtant de mauvaise relations avec leurs voisins judéens depuis près d’un demi millénaire, tout comme il était tolérant avec les païens grecs installés sur son territoire. Il a donc aussi beaucoup fait pour instaurer la paix. D’autre part, il a réussi à préserver l’autonomie de son royaume des convoitises romaines, égyptiennes et parthes, même s’il a pour cela distribué des pots de vin à tour de bras. Mais sa plus grande réussite reste sans doute d’avoir su profiter de la Pax Romana naissante pour mettre en œuvre sa politique de grands travaux. Entre 29 et 9 av-JC, il fait construire théâtres, amphithéâtres et hippodromes dans les grandes villes pour montrer son attachement à la culture romaine, puis il entame la reconstruction du Temple de Jérusalem et de ses murailles, un chantier pharaonique qui ne sera achevé que plusieurs décennies après sa mort, dont il ne reste aujourd’hui qu’un vestige de l’enceinte, le Mur des Lamentations, endroit le plus saint de la religion juive. La forteresse du Temple et les remparts de Jérusalem sont eux aussi restaurés. Il fait aussi construire ou reconstruire plusieurs villes dans tout le pays, ainsi que de nombreuses forteresses destinées à le protéger, dont l’Hérodion, à une douzaine de kilomètres de Jérusalem, où il a son tombeau. Sa réalisation la plus ambitieuse est toutefois le port de Césarée, un exploit qui a demandé d’employer toutes les techniques de construction les plus modernes de l’époque. Grâce à tous ces projets, il donne non seulement du travail à une foule de gens, mais il témoigne encore de sa volonté de doter son royaume d’infrastructures à même d’en faire un acteur économique majeur. Nous dirions de nos jours qu’il a mené une politique de relance de grande ampleur, digne de celle du New Deal entreprise par Roosevelt. Tout cela fait qu’une petite minorité de Judéens aient pu le considérer comme le Messie. Nul doute que cette partie de son action a pu inspirer les fondateurs du christianisme, même si son caractère guerrier et violent allait totalement à l’encontre de leurs convictions et du message qu’ils voulaient faire passer.

A l’annonce de la mort d’Hérode le Grand, son fils Hérode Archélaos est aussitôt acclamé par l’armée et le peuple pour qu’il prenne sa succession, mais celui-ci refuse d’être proclamé souverain avant d’avoir reçu une confirmation d’Auguste, chargé par son père d’exécuter son testament. Il organise de somptueuses funérailles pour le défunt roi, puis fait ses préparatifs pour aller à Rome. Il n’est pas encore parti et la période de deuil est à peine achevée lorsque la violence resurgit à Jérusalem. Selon certains historiens qui pensent que l’étoile de Bethléem n’est autre que la conjonction rare de Jupiter et Saturne, Jésus serait né à peu près à ce moment là…

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