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Archive for avril 2011

De l’apport génétique du zoroastrisme aux mutations religieuses de l’antiquité

Contrairement au judaïsme de l’époque achéménide où le temple de Jérusalem jouait un rôle essentiel, le religion Perse n’avait besoin ni de lieu de culte, ni d’autel ou d’image pour être pratiquée, aussi a-t-elle laissé très peu d’éléments archéologiques qui permettent de l’appréhender. Il n’est pas impossible que le culte ait été pratiqué en plein air, dans des jardins, les paridaida d’où nous viennent le mot « paradis ». Les écrits ont quant à eux été en grande partie détruits lors de l’invasion par Alexandre le Grand dans un premier temps au IV ème siècle av JC, bien qu’il ait pris soin de faire traduire beaucoup d’ouvrages avant d’incendier les bibliothèques, puis par les Arabes avec l’arrivée de l’Islam au VII ème siècle. De nombreux philosophes Grecs tels Platon, Aristote ou Pythagore ont ainsi été influencés par la pensée zoroastrienne, de même que les Arabes qui reconnaissent les zoroastriens comme Gens du livre; les fêtes zoroastriennes sont encore célébrées de nos jours en Iran même par les musulmans. Les chrétiens ont eux aussi récupéré les fêtes païennes préexistantes en leur donnant une autre signification, est-ce un hasard si la naissance de Jésus correspond au solstice d’hiver, au retour de la lumière qui annonce les beaux jours à venir?, si le carême a lieu au moment de la soudure, période à laquelle les réserves de nourriture sont presque épuisées avant les nouvelles récoltes?, ou si Pâques arrive avec la naissance des agneaux signe de l’abondance retrouvée? La Renaissance européenne, qui a à la fois redécouvert les penseurs de l’antiquité et bénéficié des connaissances des Arabes (comme le zéro par exemple qui a donné le mot chiffre, de l’arabe sifr, bien qu’il ait été découvert par les Indiens), par l’intermédiaire des Juifs chassés d’Espagne par Isabelle la Catholique, s’est donc elle aussi appuyée sur la pensée zoroastrienne. Si l’Europe était un arbre qui n’avait que des racines chrétiennes, il serait tombé au premier coup de vent; elles sont bien plus nombreuses et profondes qu’ « on » voudrait nous le faire croire et « on » le sait bien.

                                                                                                                                     Zarathoustra aurait tout d’abord été un prêtre du mazdeïsme, mais il a vite rompu avec les rituels de cette religion. Il n’appréciait particulièrement pas les sacrifices de taureaux auxquels il fallait se livrer pour honorer les dieux. Il conserve cependant le culte du feu, l’incarnation terrestre de la puissance du Soleil, ce qui rappelle étrangement le culte d’Aton voulu par Akhénaton. Pour le Zoroastre (au delà du personnage historique, on peut l’envisager comme un état de conscience, au même titre que le Bouddha est celui qui a atteint l’Eveil) un seul dieu prédomine tous les autres qui ne jouent plus q’un rôle secondaire. C’est Ahura Mazda, qui a donné naissance à deux principes opposés, Spenta Mainyu, l’Esprit sain ou le bon choix et Angra Mainyu, esprit incréé, le mauvais choix. (dans le zervanisme, Ahura Mazda, fils de Zurvan, le temps, dieu primordial qui a pendant longtemps pratiqué le sacrifice d’animaux pour avoir une descendance sans aucun résultat, est le Spenta Mainyu, mais il a un frère jumeau né avant lui, Ahriman, l’Angra Mainyu qui n’a pas été reconnu par son père. Ahriman étant arrivé le premier, il put dominer le monde. Ahura Mazda doit lutter contre lui pour que son règne vienne. Dans cette doctrine, les femmes sont dotées d’une nature mauvaise, l’épouse de Zurvan, Khashizagh ayant d’abord engendré le Mal, bien que selon d’autres Zurvan ait mis tout seul ses fils au monde comme Zeus pouvait le faire.)

                                                                                                                                                           Ce sont ces deux principes opposés qui influencent toutes nos actions, nous devons donc choisir en exerçant le libre arbitre dont nous a doté Ahura Mazda. Il faut bien sûr tendre vers le Spenta Mainyu car on ne récolte que ce que l’on sème. Cet aspect ressemble comme deux gouttes d’eau à la notion de karma enseignée par Bouddha, il se nomme fravahr. Zarathoustra qui serait né quelque part dans les montagnes du nord de l’actuel Afghanistan et Siddharta Gautama qui aurait vu le jour sur les hauteurs du Népal ont d’ailleurs « vécu »à peu près à la même période s’ils ont existé, entre 1000 et 400 av JC. Aussi ne peut-on pas savoir lequel a inspiré l’autre. Leurs histoires sont plus vraisemblablement le résultat d’un échange entre ces deux cultures, de même que le mazdéisme et l’hindouisme ont de forts liens de parenté. Le commerce entre les deux régions remonte à la nuit des temps, et même s’il a varié en fonction de leur prospérité (il a pratiquement cessé 1900 ans av JC suite à la chute de la civilisation de l’Indus qui est peut être due à un tremblement de terre qui a détourné le cours du fleuve), les marchands ont dû colporter les nouvelles de l’autre bout du monde en les adaptant au public local, comme cela se fait dans la tradition orale, à la manière des histoires racontées par Sinbad le marin dans les 1001 nuits. Avec Marco Polo, la route de la soie reprendra ce rôle de voie d’échange qui a alimenté la Renaissance autant sur le plan commercial que culturel.

                                                                                                                                                    Outre le monothéisme, le zoroastrisme met en avant les 4 éléments, l’eau, l’air, la terre et le feu, et il incite au respect de la nature, ce qui se traduit par l’interdiction des sacrifices, un autre point commun avec le bouddhisme. (les premiers autels chrétiens trouvés en Turquie témoignent de leur reconversion, ils ont encore la rigole qui permettait l’écoulement du sang.) Il reconnaît aussi les femmes à l’égal de l’homme, tout comme Akhénaton avait donné un pouvoir d’intercession avec Aton à Néfertiti. Il me semble donc que les progrès accomplis à cette époque trouvent leur inspiration dans les cultures passées, tout comme ce fut le cas pour la Renaissance européenne. Avec le culte du respect de la nature et de celui des femmes qui était en vigueur avec les vénus paléolithiques, le zoroastrisme renoue avec les traditions ancestrales des chasseurs/cueilleurs d’avant l’invention de l’agriculture pour les remettre au goût du jour.

                                                                                                                                                         Les contraintes auxquelles nous avons à faire face actuellement remettent cette démarche d’actualité. Non seulement le droit des femmes a-t-il légitimement évolué après qu’elles aient joué un rôle déterminant pendant la première guerre mondiale (je ne sais plus qui a dit que la guerre aurait été perdue si les femmes s’étaient mises en grève ne serait-ce que deux heures. Ce qui n’a pas empêché qu’elles soient à nouveau très vite renvoyées à leur rôle de pondeuses/éleveuses d’enfants par la politique nataliste qui visait à remplacer le million et demi de soldats français tombés au front), mais le problème climatique et l’épuisement des ressources énergétiques font penser à un contexte similaire à celui qu’a dû connaître Zarathoustra. Aujourd’hui on oppose le charbon et le pétrole, sources d’énergie noires extraites des profondeurs infernales de la terre qui favorisent l’Angra Mainyu à la lumière de l’héolien fourni par l’air, celle du photovoltaïque produite par le feu solaire, celle de l’hydroélectricité que nous donne l’eau et celle de la géothermie du sol qui sont, elles, des formes d’énergie respectueuses de la nature et favorisent l’avènement du règne du Spenta Mainyu.

                                                                                                                                                    Alors qu’Akhénaton avait subi un échec cuisant 7 siècles auparavant avec la tentative d’imposer le culte du Dieu unique Aton qui n’a pas survécu au-delà de son règne, les Perses vont peu à peu adopter ce mode de pensée novateur. Ils n’ont pas commis les mêmes erreurs que le Pharaon égyptien. Akhénaton voulait essentiellement reprendre le pouvoir sur le clergé qui accaparait une grande partie des richesses de l’Egypte au détriment des instances politiques. Les nombreuses offrandes faites aux temples étaient alors une forme d’impôt qui faisait des prêtres les principaux acteurs de la vie économique du pays. Comme ils empêchaient ses desseins de se réaliser, le Pharaon a décidé d’autorité d’abolir le culte de tous les autres dieux autres qu’Aton, l’incarnation du Soleil. Ce faisant, il s’est non seulement mis à dos les responsables religieux qui y ont perdu tous leurs revenus, mais aussi le peuple a vu disparaître ses plus gros employeurs alors qu’il bénéficiait par cet intermédiaire de la redistribution des richesses qu’il produisait. La population est donc devenue très réticente à payer l’impôt destiné aux dépenses somptuaires du Roi, telle la construction du sanctuaire dédié à Aton à Karnak et celle de la nouvelle capitale à Amarna au détriment de Thèbes. Cela a suffi à rendre Akhénaton et sa réforme très impopulaires. De plus, l’introduction du culte d’état du Dieu unique risquait de menacer l’unité de l’empire par un autre aspect purement théologique, elle privait l’Egypte de la mythologie de sa fondation sous l’égide des puissances divines, comme si les Grecs avaient subitement renoncé à enseigner l’Illiade et l’Odyssée ou les Indiens au Mahâbârata. Aton seul avait créé le monde mais on ne savait plus comment on en était arrivé là. Ce n’est pas pour rien ou par pur mysticisme qu’il y a écrit « in God we trust » sur le dollar américain. L’argent n’a aucune valeur en soi, pour qu’il vale quelque chose, il faut être sûr qu’il sera échangé partout où l’on va contre une quantité de marchandises à peu près équivalente à l’endroit d’où l’on vient, tout dépend de la confiance qu’on lui accorde. (les problèmes que l’Euro connait en ce moment sont dus à la disparité des capacités de production des différents pays qui le composent et les doutes quant à la solidarité des plus riches pour compenser le volume de marchandises nécessaires au remboursement de la dette des plus pauvres. Il risque fort de se scinder en deux, l’un pour le nord solide économiquement et l’autre pour le sud moins industrialisé, plutôt que de retourner aux monnaies nationales.) Les américains n’ayant pas forcément confiance dans la pérennité de l’état fédéral dans le temps et l’espace, un Dieu intemporel et omniprésent est la meilleure garantie que leur argent ne perdra pas subitement toute sa valeur selon le lieu où ils résident. Avec sa nouvelle foi, Akhénaton a mis à mal cette confiance qui unissait la haute et la basse Egypte.

                                                                                                                                                         Les Achéménides perses (556-330 av JC) ont procédé différemment, ils n’ont pas essayé d’imposer leur religion aux peuples conquis. Cyrus II a aussi bien ordonné la reconstruction du temple de Jérusalem que le rétablissement du culte de Mardouk à Babylone. Ils se posaient en protecteurs des traditions locales tout en laissant une assez grande indépendance politique aux satrapies, les gouvernements des provinces auxquels ils demandaient avant tout de payer l’impôt pour subvenir aux besoins de la cour et d’agrandir l’empire le cas échéant. Leur souci principal était de bâtir une entité économiquement puissante. Pour cela ils ont fait construire de nombreuses routes qui étaient alors mises sous la protection de l’armée, mais aussi fini de remettre en état le canal de Suez à la suite du pharaon Nékao II. Les Achéménides étaient donc particulièrement tolérants du point de vue de la religion, il n’y a d’ailleurs que peu d’informations relatives à celle qu’ils pratiquaient eux-mêmes. L’historien grec Hérodote écrit au 5ème siècle av-JC:«  les Perses n’ont pas d’images de Dieu, pas de temples ni d’autels, et considèrent leur utilisation comme une folie. » On ne sait que le Grand Roi était placé à la tête de l’empire par Ahura Mazda, le dieu du ciel, dans le but d’accomplir sa volonté, vraisemblablement reconstituer le paradis originel sur terre. Ils semblent avoir pratiqué un syncrétisme qui réunissait à la fois certains principes du zoroastrisme comme le dualisme entre le bien et le mal et la notion de « fravahr », mais mêlé aux pratiques et à l’adoration des dieux anciens tels la déesse Anahita (Ishtar pour les Assyriens, les Babyloniens et les Sumériens, Aphrodite pour les Grecs et Vénus pour les Romains) ou son fils Mithra, le dieu solaire, comme le prouve la perpétuation des sacrifices contraires aux enseignements de Zarathoustra.

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L’exil à Babylone

L’exil à Babylone a joué un rôle très important dans l’avènement de la religion du livre. A cette époque, il était assez courant que le vainqueur force une partie de la classe dirigeante du parti adverse à le suivre dans sa capitale de manière à soumettre le territoire conquis à son autorité et à s’assurer de sa loyauté au lieu de les massacrer purement et simplement. Thoutmôsis III avait déjà employé ce procédé en 1457 av JC avec les enfants et les femmes du roi de Qadesh après qu’il eût pris Megiddo au terme d’un siège qui dura 7 mois. Il aurait pu remporter la victoire bien plus vite si ses troupes ne s’étaient pas livrées au pillage du camp de leurs ennemis au lieu de les poursuivre afin de les empêcher de se retrancher dans la forteresse. Il décida donc d’être clément avec le roi de Qadesh qui l’implorait de laisser la vie sauve à ses proches en le laissant en place et en emmenant sa famille à Thèbes, à la fois comme otages, mais aussi pour que ses héritiers soient éduqués à l’égyptienne avant d’être renvoyés chez eux.

 

Cet épisode est peut être en rapport avec la légende de Moïse, bien que celle-ci soit datée du règne de Ramsès II 200 ans plus tard. Mais ce dernier ayant lui aussi livré bataille à Qadesh, la confusion reste possible. L’adoption de Moïse par la famille de Pharaon pourrait quant à elle faire référence à la domination des Hyksos, venus de Canaan, sur le delta du Nil. Ils ont fondé les XV ème et XVI ème dynasties qui ont régné sur la basse et moyenne Egypte entre 1674 et 1548 av JC. Il ne faut pas oublier que l’Histoire était alors transmise de façon orale uniquement, il n’était pas rare que des évènements finissent par être confondus en un seul au fil des transmissions successives, comme c’est également le cas pour notre mémoire avec les évènements de notre vie. Nombre des souvenirs que nous croyons fidèles à la réalité sont tout bonnement inventés pour économiser la place qu’ils prennent dans notre mémoire, ils sont compressés comme dans un vulgaire disque dur et ils finissent par se chevaucher.

 

Lorsque viendra le temps des croisades 2500 ans plus tard, l’Eglise catholique procèdera à l’inverse en envoyant les hommes vers des destinations lointaines, ce qui lui permettait d’une part de s’occuper de l’éducation des enfants restés au pays et d’asseoir son autorité sur l’organisation de la vie publique à long terme, et d’autre part de s’enrichir en s’emparant des biens qu’elle gérait en leur absence, les possessions des nobles qui ne revenaient pas de Terre Sainte tombaient alors de facto dans son escarcelle. Cela lui permit d’entreprendre la construction de nombreuses cathédrales, Thoutmôsis quant à lui avait fait agrandir le temple de Karnak pour commémorer ses victoires et affirmer sa puissance.

 

En 597 av JC, Nabuchodonosor II, roi de Babylone, prend Jérusalem après l’avoir assiégée en réponse au roi de Juda, Joaqim, qui refusait de lui payer le tribut qu’il réclamait. La ville et le temple sont pillés et le roi Joachin, fils de Joaqim décédé en cours d’année, ainsi qu’une partie des élites sont obligés de quitter Jérusalem pour Babylone. Nabuchodonosor II place alors sur le trône le frère de Joaqim, Sédécias, mais ce dernier ne se montre pas beaucoup plus coopératif que son aîné. Aussi dix ans plus tard le roi de Babylone fait-il complètement raser la ville en représailles et fait exécuter Sédécias et sa famille, entraînant de facto la fin du royaume de Juda. S’ensuit une nouvelle vague de déportation des notables. Selon la Bible il y en aura encore une troisième 5 ans après cet épisode. Toutes les élites politiques, religieuses et économiques se trouvent par conséquent regroupées à Babylone. Les paysans ne sont pas concernés, contrairement à ce qu’il s’est passé pour le royaume d’Israël lors de sa conquête par les Assyriens en 722 av JC. Là, les populations avaient été déplacées pour être remplacées par d’autres venues d’ailleurs. Ils deviendront les samaritains qui ne seront pas reconnus comme Juifs authentiques par les judéens lorsque ceux-ci reviendront de leur exil mésopotamien (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui pour l’état d’Israël).

 

En effet, loin de sa terre natale et de ses temples, le culte de YHWH a évolué. Sans royaume à administrer ni rituel à accomplir, les exilés se sont repliés sur leur religion pour conserver leur identité. Le même principe est encore à l’œuvre de nos jours lorsqu’on ne renvoie leur image aux immigrés que par leur religion. On invente d’abord le Conseil Français du Culte Musulman, puis quelques années plus tard on trouve urgent qu’ait lieu un débat sur la laïcité. Les arabes qui vivent en France n’ont pas choisi tout seuls de parler de leurs racines par ce biais.

Des archives montrent que la classe dirigeante prisonnière du palais de Nabuchodonosor recevait de quoi subvenir à ses besoins, mais il n’y a guère que les artisans et les marchands qui pouvaient continuer à exercer leurs activités en ville. Les élites ont donc dû trouver un moyen de maintenir leur influence sur la communauté, elles ont adapté le dogme aux conditions dans lesquelles elles se trouvaient. La rédaction du Pentateuque qui comprend la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome aurait été largement revisitée à cette période pour aboutir deux siècles plus tard à la version que nous connaissons de nos jours. La première préoccupation était d’établir la présence de YHWH au sein même du melting pot polythéiste de Babylone. Pour ce faire Il a dû quitter la montagne sur laquelle Il avait élu domicile d’où il pouvait veiller sur son peuple pour s’élever jusqu’au ciel. En témoigne le lieu où Moïse à vu s’inscrire dans la roche les Tables de la Loi, Son pouvoir est alors devenu transportable dans une boîte, l’Arche d’Alliance, qu’il ne valait mieux pas ouvrir sous peine d’être foudroyé comme le premier alpiniste venu. La présence divine n’était dès lors plus reliée à un endroit précis, mais elle se trouvait partout où le texte se trouvait. Ainsi naquit la religion du Livre. Elle sera formalisée ultérieurement par la Grande Assemblée qui s’est tenue entre 410 et 310 av JC à Jérusalem.

 

La fin de la captivité des Judéens arrive en 538 av JC, après que le roi Perse Cyrus II ait pris Babylone. Il ordonne que le temple de Jérusalem soit reconstruit ainsi qu’il rétablit le culte de Mardouk à Babylone, ce qui démontre son ouverture d’esprit et sa volonté de laisser la liberté de culte aux peuples vaincus. Aussi les exilés qui ont refait leur vie à Babylone ne sont-ils pas pressés de retourner en Judée, désormais province Perse qui prend le nom de Yehoud Medinata, contrairement à ce que prétend la Bible. Cette région anéantie par les babyloniens reste encore pauvre, essentiellement tournée vers l’agriculture, et Jérusalem n’est alors guère plus qu’un village de montagne sans grande influence. Cyrus ne voit pas d’intérêt à ce qu’elle se développe, elle ne lui sert que de grenier destiné à alimenter ses ambitions de conquête de l’Egypte, il préfère favoriser le développement du commerce maritime dévolu aux Phéniciens qui peuplent la plaine côtière. La Judée ne prendra une importance stratégique qu’après la perte de l’Egypte au cours de IV ème siècle av JC, de nombreuses forteresses y seront construites de manière à sécuriser la frontière, le pouvoir achéménide y sera alors beaucoup plus présent, ce qui a certainement réveillé le sentiment nationaliste parmi les habitants juifs. Pendant ce laps de temps, l’empire Perse a adopté un culte proche du zoroastrisme comme religion.

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