Deep Space

Le principe de fonctionnement du moteur ionique est relativement simple, il consiste à éjecter de la matière, du xénon en l’occurrence, à très haute vitesse, 31,5km/s, mais au lieu d’utiliser de l’énergie chimique, la combustion ou la catalyse, pour propulser le carburant comme dans les fusées classiques, on utilise de l’électricité, tout d’abord pour arracher un électron au xénon, puis pour créer le puissant champ magnétique destiné à accélérer les ions ainsi obtenus. La puissance de ces moteurs est très inférieure à celle des moteurs chimiques, aussi ne permettent-ils pas la mise en orbite de charges à partir de la Terre, mais ils ont l’avantage d’être légers, car d’une part, l’énergie pour éjecter la matière n’a pas besoin d’être embarquée ou alors elle l’est sous forme très concentrée par l’intermédiaire d’un réacteur nucléaire (en remplacement des panneaux solaires qui perdent de la puissance au fur et à mesure que l’engin s’éloigne du soleil; d’où l’idée du miroir géant pour compenser et éviter d’emporter des éléments radioactifs dangereux en cas d’accident) et d’autre part, ils chauffent peu, la réaction du carburant est moins violente lors de son accélération, ce qui permet de les construire avec moins de matière que les moteurs fusées qui doivent être conçus pour résister à ces paramètres. La faiblesse de leur poussée est compensée par un temps de fonctionnement très long, ceux de Deep Space 1 ont fonctionné pendant 16 265 heures pour fournir la même énergie qu’un moteur classique aurait produit en quelques minutes seulement.

Après que tous les systèmes aient été testés avec un succès dépassant toutes les espérances, Deep Space 1 reçut l’autorisation de se diriger vers son objectif secondaire, la comète Borrelly. Mais avant cela, la sonde a été déroutée pour s’approcher de l’astéroïde (9969) Braille, ce qui n’avait jamais été prévu au départ. L’exploit est double; rediriger l’engin en cours de mission est une démarche plutôt inhabituelle, et arriver au point de rencontre avec un objet en mouvement aussi minuscule qu’un astéroïde perdu dans l’immensité de l’espace n’est pas une mince affaire. Là encore le succès a été au rendez-vous, la sonde est passée à 26 km seulement de (9969) Braille, le seul bémol étant que les clichés pris se sont révélés flous. Ce n’est qu’après cette rencontre que le système permettant de pointer les étoiles d’autonav est tombé en panne, obligeant les ingénieurs a tenter une nouvelle prouesse, reprogrammer l’ordinateur de bord pour qu’il utilise la caméra du MICAS pour que l’engin puisse à nouveau se repérer. Malgré le champ de vision réduit et la résolution bien inférieure de ce système par rapport à celui d’origine, cela fut fait en 7 mois et le 21 septembre 2001, Deep Space 1 a pu envoyer ce qui étaient alors les meilleures images d’une comète en s’approchant de Borrelly alors qu’elle manquait des protections contre les matières éjectées du noyau qui forment la célèbre queue de ces objets célestes.

Depuis, la sonde japonaise Hayabusa a fait encore mieux, elle a permis à un atterrisseur automatique de se poser sur l’astéroïde Itokawa, sans qu’il puisse toutefois prélever des échantillons de taille significative à cause de la faible gravité du corps céleste à étudier. Après plusieurs incidents techniques qui ont retardé son retour de 3 ans, Hayabusa a pu ramener ses hypothétiques prélèvements sur Terre le 13 juin 2010. Outre l’intérêt scientifique qu’il peut y avoir à connaître la composition des matériaux qui se sont agglomérés pour constituer les planètes lors de la formation du système solaire, le but de ces missions serait d’étudier la faisabilité de l’exploitation future des minerais riches en métaux rares que renferment les astéroïdes, parfois en grande quantité. Je mets cette hypothèse au conditionnel car nous sommes loin d’être en mesure de remédier aux problèmes que pose le manque de gravité, toute force appliquée sur un objet provoquant une réaction en sens inverse, un marteau piqueur serait propulsé dans l’espace au lieu d’entamer la surface, et surtout cela me rappelle étrangement un cours de quatrième sur l’exploitation des nodules métalliques qui jonchent le fond des océans qui m’avait beaucoup enthousiasmé à l’époque, mais qui s’est révélé être tout autre chose quinze ans plus tard.

En 1969, Howard Hughes a entreprit la construction du Glomar Explorer, un bateau usine qui était prétendument destiné a collecter le minerai de fer qui se trouve posé au fond de la mer, sous une forme qui ressemble à de gros calculs rénaux, et ce afin d’étudier la faisabilité de leur exploitation industrielle. Mais cette étude n’était en fait conçue que pour dissimuler une opération de la CIA, le projet Jennifer, qui avait pour objet la récupération d’un sous-marin russe que les soviétiques recherchaient activement depuis sa disparition en mars 1968. Les américains qui avaient eu vent de l’affaire l’ont repéré en premier à 2500km au nord-ouest d’Hawaï par 5 000m de profondeur. Aussitôt a germé l’idée de le ramener à la surface pour le désosser ainsi que les 3 missiles nucléaires qu’il renfermait; de manière à connaître les technologies employées par l’ennemi, comme ils en avaient eu l’occasion avec le MIG-15 bis livré grâce à la désertion du lieutenant Nord-Coréen No-Kim Sok en 1953, deux mois après l’armistice. Cela devait aussi leur permettre de récupérer les codes de lancement des armes nucléaires qui leur aurait permis d’anticiper toute attaque, mais l’opération s’est soldée par un échec. Bien que le K-129 ait pu être décollé du fond grâce à des pinces géantes, il s’est brisé en deux lors de le remontée laissant échapper l’un des missiles et seule la partie avant de l’épave à pu être renflouée, mais elle ne contenait pas les précieux livres de code.

L’habitude des services secrets de mentir à leur propre population au point que certaines opérations de désinformation soient enseignées dans nos écoles remonte à la deuxième guerre mondiale, au moment où le démantèlement de l’OSS a progressivement laissé place à la CIA (fondée en 1947, en remplacement du CIG, Central Intelligence Group) et où le SIGINT (Signals Inelligence) est devenu la NSA (en 1952 en remplacement de l‘AFSA, Armed Forces Security Agency).

Cela découle à l’origine du décryptage de la machine de code allemande Enigma. Son code a été cassé dès 1933 par des mathématiciens polonais et ses améliorations ultérieures n’avaient plus de secret pour les alliés grâce à la récupération de la machine à l’occasion de la reddition d’un sous-marin de la Kriegsmarine. Dès lors la position exacte des navires allemands était connue de l’armée anglaise, mais pour ne pas éveiller les soupçons de l’ennemi, elle continuait d’envoyer ostensiblement des avions de reconnaissance pour faire croire à la découverte fortuite des bâtiments de guerre. Dans le cas contraire, les nazis auraient immédiatement compris que leur code n’était plus fiable et ils l’auraient changé. (ce n’est que récemment que nous avons appris que les soviétiques eux-aussi savaient décrypter Enigma, ils avaient bien pris soin de dissimuler cette information à leurs alliés occidentaux).

Ces opérations de désinformations ont dû prendre une toute autre ampleur lorsqu’il s’est agi de cacher à l’ennemi les objectifs et les effectifs destinés au débarquement en France. Cela a donné lieu à l’opération Bodyguard qui s’est mise en place à partir de 1943, dont Fortitude est la partie la plus connue. A cette occasion, non seulement à t-on menti à l’ennemi en bombardant des villes du nord de la France pour faire croire à l’invasion du Pas-de-Calais, mais avant cela, de fausses informations ont été diffusées dans la presse britannique, comme par exemple celle d’une rencontre sportive entre une unité anglaise bien réelle et une unité américaine, le First United-States Army Group, quant à elle totalement fictive bien qu’identifiée par un blason et dotée d’un chef, le général Patton en personne. Cependant son activité se limitait à entretenir un flux d’émissions radio intense à l’intention de troupes inexistantes dont les matériels repérables par les avions de reconnaissance étaient gonflables ou en carton. Bien qu’il n’y ait pas de preuve que Fortitude nord, l’opération Skye sous responsabilité anglaise, qui visait à convaincre les allemands d’un débarquement en Norvège, ait été très utile, Fortitude sud, l’opération Quicksilver dévolue aux américains a permis de retarder significativement l’arrivée des panzers sur le théâtre de Normandie, le führer et l’état major ayant été persuadés que l’offensive principale aurait lieu dans le Pas-de-Calais.

C’est auréolé de ce succès que les services secrets américains sont rentrés au pays en 1945. L’occasion de faire preuve de leurs talents sur leur propre territoire leur a été donnée dès 1947 avec l’affaire de Roswell. Les allégations de l‘US Air Force attribuant l’origine des débris trouvés à un ballon sonde n’ayant pas convaincu l’opinion publique, le gouvernement a sûrement dû faire appel à un service spécialisé pour dissimuler la nature exacte de l’engin accidenté. La CIA a donc eu tout intérêt à alimenter, voire à inventer de toutes pièces, les rumeurs qui faisaient état du crash d’une soucoupe volante. A partir de là toutes les théories du complot ont pu prendre racine, comme celle de son implication dans l’assassinat de J.F Kennedy ou les attentats du 11 septembre 2001. Malgré les zones d’ombre qui entourent ces deux affaires, je n’y crois pas, mais cela doit nous inciter à prendre avec des pincettes toutes les informations que nous recevons, il est plus sain que jamais de douter; y compris de ce que je raconte. Vérifiez toujours!

Qui parmi nous peut dire avec certitude qui de Laurent Gbagbo ou d’Alassane Ouattara est le président légitime de Côte d’Ivoire? L’ONU? Les dictateurs auto-proclamés qui siègent en son sein avec l’aval des autres nations sont pourtant légions. Pourquoi autant s’indigner de ce cas? Je ne sais pas et je me garde bien d’avoir un avis tranché. Je ne peux que souhaiter la paix au peuple ivoirien qui a déjà tant souffert de ses dissensions internes et qu’elle soit assortie d’un maximum de libertés, peu m’importe qui exerce le pouvoir.

Est-ce vraiment un hasard si on nous parle avec tant d’insistance de l’affaire d’espionnage chez Renault? Ce ne doit pourtant pas être la première fois qu’une grande entreprise est victime de ce genre de péripétie, mais d’habitude on préfère que cela ne se sache pas et on cherche plutôt à trouver un arrangement à l’amiable, comme ce fût le cas entre General Motors et Volkswagen. Comme par hasard Wikileaks vient de révéler que la France est le pays d’Europe qui pratique le plus l’espionnage industriel. N’est-ce pas là une bonne occasion de se faire passer pour une victime? Encore une fois, je n’en sais rien, mais je doute.( Depuis la publication de cet article mes doutes ont été renforcés par le fait que Renault s’est plaint de ce que la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI) laisse fuiter des informations dans la presse.)

Une des raisons essentielles qui font que la Chine est farouchement opposée au bouclier anti-nucléaire américain est que celui-ci ne va pas sans de nombreuses stations radar qui encercleraient leur pays, du genre avec radôme pour éviter qu’on puisse savoir dans quelle direction les antennes sont pointées, et qui servent aussi à l’espionnage effectué par le dispositif Echelon de la NSA.

Pour en revenir à nos satellites à propulsion ionique, les armées doivent voir avec un grand intérêt la possibilité de changer à volonté la position de leurs engins, cela permettrait soit d’attaquer des satellites ennemis qu’on ne souhaite pas voir survoler le territoire national, soit au contraire d’éviter qu’il ne soit détruit par un pays hostile, en tout cas de pouvoir le repositionner en fonction des besoins du moment sans avoir à en lancer un nouveau à chaque fois. La Chine qui se soucie moins de l’avis de son opinion publique n’a-t-elle pas fait la démonstration qu’elle est prête à détruire tout engin qui viendrait regarder de trop près ce qu’il se passe chez elle en pulvérisant l’un de ses satellites météorologiques usagés en janvier 2007? Le Japon qui craint la montée en puissance de son énorme voisin qui est aussi son ennemi héréditaire a toutes les raisons de vouloir développer ce genre de technologie, l’Amérique aussi. Il est grand temps pour les européens d’ouvrir un peu les yeux.

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  1. 30/01/2011 à 15:27

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