Le krach de la bourse

Depuis la fin de la semaine dernière, les indices boursiers mondiaux sont en forte baisse dans le sillage de Wall Street. Cette correction ne surprend personne, tout les acteurs du monde économique savent en effet depuis longtemps que la politique des taux bas et de la création massive de monnaie, la planche à billets, ne pouvait pas durer éternellement, surtout quand l’économie réelle donne des signes de bonne santé.

Etant donné son passé professionnel, le président Macron ne pouvait ignorer le risque qu’il y avait à entrer en bourse au moment ou les indices boursiers étaient à l’évidence surévalués. Cela ne l’a pourtant pas empêché de mettre en place une politique fiscale qui incite fortement à investir en bourse plutôt que dans l’immobilier par exemple. C’est un grand classique de la finance, quand les investisseurs institutionnels, typiquement les banques, sentent que le vent est en train de tourner et que le temps se met à l’orage, ils cherchent à se débarrasser de leurs actifs foireux acquis avec des billets de monopoly pour les échanger contre du bel et bon argent (vous remarquerez que cela se passe en début d’année, et non pas en fin lorsque se calculent les bonus en fonction des bénéfices réalisés sur l’exercice en cours). Pour cela, ils ont besoin de pigeons à qui on va présenter la fabuleuse progression des bourses ces dernières années en prétendant que la hausse va se poursuivre indéfiniment. Et ces pigeons, c’est nous, les citoyens moyens. Je croyais pourtant que le gouvernement était censé nous protéger plutôt que de nous exposer sciemment au risque.

Ce nouveau krach boursier, qu’il ne faut pas nommer ainsi pour ne pas faire peur, nous fait entrer dans une zone de grand danger. Tous les recours économiques mis en place pour venir à bout de la précédente crise de 2008 sont encore en vigueur et il n’y en a plus d’autre. Il y a donc fort à parier qu’il va falloir détourner l’attention de l’opinion publique mondiale de cette nouvelle débâcle économique. Les inondations et la neige n’y suffiront à l’évidence pas. Le meilleur candidat au détournement de l’attention générale est sans doute Kim Jong Un. J’ai comme la désagréable impression que les médias sont en train de nous vendre subrepticement une guerre contre la Corée du Nord, surtout une émission comme celle de Laurent Delahousse. Quoi de mieux qu’une guerre potentiellement nucléaire pour terroriser la planète ? Mais pas pendant les Jeux Olympiques, cela nous divertira suffisamment pendant quinze jours. Mais que se passera t-il après ?

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Nagui la science (2)

Ce midi, Nagui a une nouvelle fois parlé de l’étude qui a révélé que les rats préfèrent le sucre à la cocaïne, et conclut à leur équivalence par le slogan « le sucre c’est de la merde », alors que, comme je l’ai déjà dit dans un précédent article, il aurait été plus judicieux de conclure que cette étude nous annonçait une plutôt bonne nouvelle, à savoir que notre cerveau préfère une substance qui lui est utile car c’est son carburant, le sucre, à une autre, la cocaïne qui active certes les mêmes circuits de récompense, mais qui ne lui sert à rien d’autre qu’à en retirer du plaisir.

Le raisonnement de Nagui est donc foireux, mais il ne s’en rend pas compte et il le répète de plus régulièrement. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce discours active exactement le même circuit de récompense que celui activé par le sucre ou la cocaïne ou tout ce qui nous donne un goût de reviens-y. On peut donc conclure, « ce discours c’est de la merde », tout comme le sucre ou la cocaïne, il fait plaisir quand on le tient, mais il est nocif pour la santé intellectuelle sans qu’on s’en aperçoive.

C’est mon deuxième article sur Nagui, je dois donc moi aussi être sous l’influence de ce mécanisme de récompense, mais contrairement à lui, je pense qu’il est très utile, indispensable à notre survie et à notre évolution, mais qu’il faut toujours se méfier de ce qui l’a déclenché. Je ne toucherai plus à Nagui à l’avenir, promis.

Zappe man, zappe tant que tu pourras

Hier soir sur France 2, après le match de foot, le journaliste sur la pelouse nous annonce avec entrain « Et maintenant ne ratez surtout pas Infrarouge, les horreurs des médecins nazis ». Puis bande annonce pour le téléfilm du lendemain qui vous est offert par telle et telle marque. J’ai failli me lever pour me chercher une bière et me commander une pizza, mais j’ai préféré aller me coucher.

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La théorie du complot

Cette semaine, nous avons eu droit à de nombreux commentaires à propos d’un sondage qui dit que 79% des gens croient à au moins une théorie du complot, qu’ils sont donc cons…pirationnistes. Et les commentateurs de tout mettre dans le même sac, la terre est en réalité plate, l’homme n’a jamais mis le pied sur la lune, le sida a été créé en laboratoire, et d’autres délires dans le genre, mais j’ai aussi entendu dire que les abrutis que nous sommes croient qu’il y a une entente entre le gouvernement et les laboratoires pharmaceutiques pour vendre des vaccins. Sous entendu que ça n’a bien évidemment jamais été le cas, les pouvoirs publics ne se souciant que de la santé de nos concitoyens, tout comme les subventions du diesel étaient destinées à permettre aux gens de changer de voiture à moindre frais et non à soutenir les ventes de PSA et Renault.

Il me semblait pourtant que des journalistes dont le sérieux du travail ne peut remis en cause avaient démontré il y a quelques années que des textes de loi écrits par des lobbyistes de l’industrie pharmaceutique avaient été adoptés tels quels par nos députés. Ce genre de pratiques pourrait cependant bien être à l’origine de la perte de confiance de nos concitoyens envers les autorités sanitaires.

Revenons un instant sur cette histoire de vaccins. Pour moi, elle commence avec le vaccin contre l’hépatite B et la décision de vacciner toute la population alors qu’une partie des professionnels de santé préconisaient plutôt de cibler les populations à risque, comme les drogués par injection ou les homosexuels qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif qui sont particulièrement soumis au risque de contamination, ainsi qu’à ceux qui peuvent éventuellement entrer en contact avec le sang de personnes contaminées, comme les personnels de santé, les pompiers ou encore les policiers. Cela a introduit le doute quant à la pertinence de notre politique vaccinale. Ce doute a ensuite été renforcé par celle menée avec le vaccin contre le papillomavirus destiné à lutter contre le cancer de l’utérus. Non seulement le nombre de cas de cancer de l’utérus n’est pas très élevé, un peu plus de 3 000 cas par an en France contre près de 50 000 cancers du sein, mais en plus le vaccin n’est efficace qu’à 70%. Bon, ce ne sont pas des résultats terribles, mais on peut toujours dire que la vaccination des filles entre 12 et 14 ans reste une politique somme toute raisonnable. Mais ne voilà t-il pas que des génies se sont mis à dire qu’il fait aussi vacciner les garçons pour éviter que les filles soient contaminées. Dans la tête du citoyen lambda cela donne l’équation : faible prévalence + efficacité relative + vaccination d’une population qui n’est à l’évidence pas concernée = foutage de gueule. Peut-on vraiment lui donner entièrement tort ? On ajoute à cela le fiasco de l’achat délirant de vaccin contre la grippe H1N1, la France est le pays qui en a acheté le plus, et on obtient la situation actuelle de remise en cause de tous les vaccins, qui est évidemment stupide. A qui la faute ? Aux gens qui ont l’impression d’être pris pour des cons ou aux laboratoires qui ont poussé le bouchon un peu trop loin ?

Passons maintenant au succès des théories du complot. N’y a t-il vraiment rien qui vienne les accréditer dans l’histoire récente ou plus ancienne ? Personne ne se souvient-il d’un certain Colin Powell agitant une fiole de poudre blanche à l’ONU pour accréditer la thèse des armes de destruction massive possédées par l’Irak et justifier son invasion ? Thèse à l’époque confirmée par le MI6, l’espionnage militaire anglais, qui jurait ses grands dieux que Saddam Hussein en possédait alors qu’on n’en a jamais trouvé trace après la guerre. Ou encore de cette jeune femme qui, toujours à l’ONU, nous racontait avec des trémolos dans la voix et des larmes plein les yeux qu’elle avait été témoin de ce que les soldats irakiens, toujours eux, avaient sortis des bébés de leur couveuse pour les laisser crever au Koweït en 1991, alors qu’il s’est avéré qu’elle était la fille d’un responsable politique koweïtien et qu’elle n’y avait jamais foutu les pieds. Autant l’histoire des vaccins ne relève t-elle que de la simple collusion entre deux partis qui en attendent des bénéfices, autant ici avons nous affaire à une chose qui commence à ressembler à s’y méprendre à un complot qui a fini par plonger le Moyen-Orient dans le chaos le plus total et détourné l’attention du public occidental de ses problèmes internes au profit d’une menace extérieure qui paraît avec le recul avoir été construite de toutes pièces.

Pour finir, remontons encore un peu plus loin dans le temps pour arriver à l’origine de la prolifération de toutes ces élucubrations conspirationnistes. Cela commence avec Fortitude, l’opération d’intoxication des services de renseignement allemands pour leur dissimuler les plans du débarquement de Normandie. Non seulement les alliés ont-ils choisi de diffuser de fausses informations auprès de l’ennemi, mais aussi à la population britannique par l’intermédiaire des journaux qui annonçaient par exemple qu’une rencontre sportive avait eu lieu à tel endroit alors que lesdites unités étaient en réalité ailleurs ou qu’elles étaient tout bonnement fictives. Le problème est que cette pratique, tolérable en temps de guerre, s’est prolongée après, avec la guerre froide pour justification.

En effet, des américains de l’OSS, ancêtre de la CIA, ont été les témoins de Fortitude et ils se sont vite retrouvés en situation d’appliquer les mêmes méthodes chez eux, à l’occasion du crash de Roswell. Un paysan retrouve des débris d’un engin volant dans son champ, la base militaire voisine est avertie, son commandant déclare dans un premier temps qu’il s’agit d’une soucoupe volante qui devient le lendemain un ballon sonde. Le cas est simple ; l’armée a perdu un prototype expérimental dont elle ne veut pas révéler la nature pour que les russes ne sachent pas sur quoi elle travaille. Mais elle ment à l’évidence, aussi la CIA décide t-elle qu’il convient de nier l’origine extra terrestre de l’aéronef pour éviter d’avoir à présenter des preuves qu’ils n’ont pas, mais qu’il est en parallèle judicieux d’alimenter cette rumeur pour orienter les curieux sur une fausse piste. Et ça marche.

Je connais encore une autre histoire du même acabit pour laquelle la CIA a fait appel à Howard Hughes. Pendant la guerre froide, un sous-marin soviétique lanceur d’engins atomiques a coulé au beau milieu du Pacifique. Les américains ont alors forgé le projet de le récupérer au fond de l’océan dans l’espoir de trouver les appareils de communication utilisés par les russes et de casser leur code, tout comme la prise d’une machine Enigma avait permis aux anglais de casser celui des allemands. Mais voilà, ils ne pouvaient pas le dire. Ils ont donc fait appel à Howard Hughes pour couvrir l’opération. L’excentrique milliardaire s’est donc mis à construire un bateau tout a fait spécial, destiné selon ses dires à récolter les nodules métalliques sur le plancher océanique alors qu’il était en réalité équipé d’énormes pinces destinées à saisir le submersible rouge. Je me souviens particulièrement bien de cette anecdote parce que la récolte des nodules métalliques m’a été enseignée au collège, avec la photo du navire du brave Howard à l’appui, ça m’avait fait un choc.

Et ça me rappelle encore une autre histoire de sous-marin. Celle des DSRV, des sous-marins de poche qu’on nous a présenté comme des véhicules de secours pour les équipages de gros sous-marin qui couleraient, alors qu’ils sont principalement destinés à poser des dispositifs d’écoute sur les câbles sous-marins ou à faire débarquer des commandos en toute discrétion.

Tous ces mensonges ne sont-ils pas à même de pousser les gens vers les théories du complot ? Prenons maintenant l’affaire Clearstream. Au départ, c’est une enquête de Denis Robert, dont la justice a déclaré qu’elle avait été menée avec toute la rigueur journalistique voulue, qui pointait l’utilisation des outils mis à disposition par cette entreprise à des fins malhonnêtes, avec sa complicité. Un listing de personnes susceptibles d’avoir eu recours à ces pratiques venait à l’appui de ces affirmations fort embarrassantes pour le milieu de la finance. Et ne voilà t-il pas que bientôt sort un nouveau listing, faux celui là, qui fait apparaître les noms de Nagy et Bocsa, qui dissimulent on ne peut plus mal le soi disant vrai bénéficiaire de ces comptes, Nicolas Sarkozy. A partir de ce moment là, affaire Clearstream est devenu synonyme de règlement de compte entre Villepin et Sarkozy dans la bouche de toute la classe journalistique. Ont-ils jeté le discrédit sur le travail exemplaire de Denis Robert en toute conscience ? Je ne sais pas, peut être pas, mais toujours est-il qu’il ont l’air d’avoir participé à une sorte de complot pour nous enfumer, alors qu’il me semble qu’il aurait été plus judicieux de s’attacher au fond de l’affaire, les dérives de la finance, ce qui leur aurait peut être permis de nous avertir sur la dangerosité des produits subprime avant que ça nous pète à la gueule. Et ce sont les mêmes qui nous disent que nous sommes complètement cons à croire à certaines des théories du complot.

Conclusion : Entre les fumeuses théories conspirationnistes et les douteuses vérités officielles, démerdez vous. On ne peut plus croire personne, voilà bien le drame de notre époque.

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Nagui la science

Ce midi, j’ai entendu Nagui dire dans Tout le monde veut prendre sa place que l’être humain n’était pas fait pour manger de la viande, qu’il a lu dans un bouquin de je ne sais plus qui, que ni la mâchoire humaine, ni ses intestins ne sont faits pour la digérer correctement. C’est absolument vrai. La dentition humaine n’est pas caractéristique des carnivores, notre mâchoire n’est pas très puissante et nos intestins sont trop longs, ce qui faits que la viande y séjourne trop longtemps par rapports aux animaux qui eux sont strictement faits pour ce régime.

C’est vrai, vrai et encore vrai. Pour la viande crue. Je répète, pour la viande CRUE. Cependant, une invention toute récente nous permet de beaucoup mieux assimiler la viande, elle s’appelle le feu. En effet, la cuisson de la barbaque nous permet à la fois à nos mâchoires de la réduire en bouillie et à nos intestins de la digérer avec efficacité. Soit dit en passant, nous ne sommes de même absolument pas faits pour manger des céréales comme le blé, le riz, le maïs, etc, qui elles aussi doivent subir ce même traitement thermique pour que nous puissions les assimiler.

Ce raisonnement est donc tout simplement idiot car tronqué, il relève plus du sophisme que de la pensée dûment organisée. Il a de plus une dimension créationniste, le corps humain n’a pas les caractéristiques du carnivore, la viande est donc nocive pour lui, alors que c’est beaucoup plus subtil que ça, primo, tous les animaux n’ont pas un régime strictement carnivore ou végétarien, prenons les ours par exemple que nous voyons comme un carnivore par excellence alors qu’un grizzly se nourrit presque exclusivement de fruits pendant une grande partie de l’année, ou plus proche de nous, un chimpanzé, qui a quant à lui un régime très végétarien, mais qui ne crache pas sur de la viande quand il en a l’occasion, voire tue parfois avec sauvagerie pour s’en procurer.

Et secundo, cela donne des espèces animales une vision très étriquée qui renie toute notion d’évolution et les enferme dans un seul mode d’alimentation sans possibilité d’en changer, alors qu’on a constaté que certaines d’entre elles étaient passés d’une nourriture très majoritairement carnée, à une alimentation majoritairement d’origine végétale. Je pense ici au cas des renards anglais, qui sont essentiellement carnivores à la campagne, mais devenus essentiellement végétariens pour ceux qui ont été contraints de s’installer dans les rue de Londres dont ils font les poubelles. Et je ne parle même pas des sangliers, les cochons sauvages dont on nous dit qu’ils sont si proches de nous, qui eux ont un régime omnivore, comme nous, et ne sont donc ni strictement faits pour être végétariens, ni strictement carnivores. Le passage d’un mode d’alimentation à l’autre est donc possible, tout autant qu’un panachage des deux.

Conclusion : il en est de même pour l’alimentation et l’information, toutes deux doivent être mâchées et digérées pour qu’elles soient assimilables par l’être humain. Certains n’ont ni les mâchoires intellectuelles, ni les intestins cérébraux pour décomposer efficacement les aliments informationnels qu ‘ils ingèrent. Mais je ne désespère pas, ils peuvent s’adapter s’ils y sont contraints, c’est certain, même Nagui.

L’ami du président

Pour faire taire la polémique suite à sa sortie sur le président Kaboré parti pour réparer la climatisation, Emmanuel Macron a déclaré qu’il s’agissait d’un trait d’humour qu’il s’était permis en raison du lien d’amitié qu’il entretient avec le chef de l’état burkinabé, ce qu’il n’aurait jamais fait avec Angela Merkel avec qui il n’est pas assez intime, au contraire de Jean-Claude Juncker avec qui il n’aurait pas hésité à se livrer au même genre de familiarité.

JEAN-CLAUDE JUNCKER. L’ancien premier ministre du Luxembourg, actuel président de la Commission européenne, impliqué dans le scandale des LuxLeaks qui permettait à des centaines d’entreprise d’échapper au régime fiscal de leurs pays d’origine en domiciliant leurs bénéfices au Grand Duché en échange d’une très modeste contribution. Et pas un journaliste pour relever l’information. Dommage, pour une fois qu’il révélait le fond de son orientation politique.

Catalogne: l’indépendance, et après?

Le principal argument employé contre l’indépendance de la Catalogne est celui de la sortie de l’Union Européenne, renforcé par la menace d’avoir à passer derrière le Kosovo avant de pouvoir envisager son éventuelle réintégration. Quelle stratégie les indépendantistes pourraient-ils adopter pour éviter ce fatal isolement ?

Si j’étais l’un d’entre eux, voilà ce que je ferais. Je m’adresserais aux autres régions qui réclament de s’émanciper du pouvoir central, en priorité l’Ecosse qui elle désire se retirer du Royaume-Uni, précisément parce qu’elle souhaite rester au sein de l’Union Européenne en dépit du Brexit, mais à qui on dit la même chose : réintégration, après le Kosovo, peut être. Si j’étais Catalan, je proposerais donc aux Ecossais une alliance commerciale immédiate au cas où ils décideraient à leur tour de franchir le pas. Une petite Union, en « attendant » de retourner à la grande. Puis, je me tournerais vers l’Angleterre avec qui j’entamerais des discussions en vue d’un traité de libre échange. Nos amis Anglais ne devraient pas hésiter longtemps à accepter ces discussions, comme tout ce qui pourrait perturber l’Union Européenne leur permettrait de négocier à la baisse les conditions de leur sortie.

Ensuite, je dirais aux autres régions tentées par la prise d’autonomie, en priorité la Flandre belge (partie des anciens Pays-Bas espagnols) et le nord de l’Italie qu’ils seraient accueillis à bras ouvert dans cette nouvelle structure qui commencerait alors à peser un peu du point de vue économique. Etape suivante, les Pays-Bas, qui eux n’ont pas l’air de vouloir se séparer, mais qui par contre sont enclins à se tourner vers le nationalisme. Je leur dirais, nous aussi nous le sommes, pas comme l’Europe, venez donc nous rejoindre. Si cela devait marcher, d’autres régions devraient commencer à s’interroger, vaut-il mieux continuer avec la vieille Union, ou intégrer la nouvelle ? Je viserais principalement celles situées sur ce qu’on a appelé l’axe Londres-Milan, la plus importante route commerciale d’Europe. Je dirais par exemple aux Alsaciens, dont je suis, voyez la France, elle ne respecte pas votre histoire particulière, elle vous a noyé dans la région Grand-Est, soyez assurés que cela se passera différemment avec nous, que votre identité sera respectée. Il n’est pas impossible que les länder allemands concernés se montrent intéressés, refroidis qu’ils ont été par l’impression qu’ils ont eu de devoir payer pour le manque de rigueur des pays du sud suite à la crise économique de 2008.

Si cela devait aboutir, l’Union Européenne serait coupée en deux, « en attendant », la France et l’Allemagne séparées par un corridor, comme les Américains envisageaient de le faire à la fin de la seconde guerre mondiale pour éviter tout nouveau conflit entre ces deux pays. En parlant d’eux, les Etats-Uniens verraient certainement cette initiative d’un bon œil, la presse américaine étant une de celle qui a le plus chaudement soutenu les démarches d’indépendance catalanes. Je tenterais donc un rapprochement avec la Californie, première puissance économique régionale mondiale, très violemment opposée à Donald Trump, ainsi qu’aux états de la côte est, New York en tête. Comme les Chinois accueillent aussi très favorablement tout ce qui peut affaiblir l’Union Européenne, j’essaierais également de trouver un accord d’exportation avantageux avec Shangaï, premier port du monde.

Pour résumer, ma stratégie est simple : redonner aux régions ou aux villes, aux cités, qui ont l’impression d’avoir été mis à l’écart par le pouvoir central de leur pays l’importance qu’elles ont pu avoir par le passé, comme c’est par exemple le cas pour Barcelone, Venise, Milan, Turin, Anvers, Bruges, Strasbourg, Cologne, Hambourg, Edimbourg ou encore Marseille, et bien d’autres encore. Toute l’astuce se trouve là, rappeler à ces cités leur glorieux passé. Au Moyen Age,par exemple, avec la ligue hanséatique pour celles du nord, les banquiers Lombards, et la République de Venise pour le sud.

Voilà ce que je ferais, mais bon, je ne suis ni Catalan, ni indépendantiste. Pour moi, exposer ce scénario devrait suffire à faire réfléchir l’Union Européenne qui se croit pour le moment aussi incontournable qu’indépassable, dans le but qu’elle fasse évoluer ses institutions vers plus de démocratie et de considération envers toutes ses composantes, fussent-elles régionales. Elle pourrait sinon disparaître au profit d’une autre organisation, avec tous les risques de conflit que cela comporte.